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La baisse du taux directeur aura un effet sur les taux hypothécaires

21/01/2015 02:15 EST | Actualisé 23/03/2015 05:12 EDT

TORONTO - Les propriétaires d'habitations canadiens semblent avoir évité l'augmentation des taux hypothécaires attendue cette année.

Des économistes affirment en effet que les taux hypothécaires devraient reculer légèrement en réponse à l'étonnante baisse de taux d'intérêt annoncée mercredi par la Banque du Canada.

La banque centrale a abaissé son taux d'un quart de point pour le faire passer à 0,75 pour cent, mercredi, afin de ralentir les effets de la dégringolade des prix du pétrole sur l'économie canadienne.

La plupart des observateurs s'attendait pourtant à ce que la Banque du Canada augmente son taux de financement à un jour plus tard cette année, appuyée par une économie vigoureuse, mais la chute des prix du brut sous la barre des 50 $ US le baril a poussé la banque centrale à aller dans l'autre sens.

«Cela permet de croire que les faibles taux d'intérêt seront en vigueur encore un moment», a indiqué l'économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, qui estime que la décision de la banque centrale se traduira probablement par une baisse de 0,25 pour cent des taux hypothécaires variables.

Les taux fixes devraient également connaître une légère baisse en fonction des rendements des obligations, qui reculeront eux aussi dans la foulée de la décision de la Banque du Canada.

Le taux pour une hypothèque sur cinq ans se situe actuellement à environ 4,79 pour cent, selon les données de la Banque du Canada.

Cette réduction du taux directeur pourrait générer une hausse des ventes et une augmentation des prix des maisons dans le centre et l'est du pays, notamment dans le marché immobilier torontois. Elle pourrait cependant également encourager les Canadiens à emprunter davantage d'argent.

«Cela ne découragera certainement personne à contracter des prêts», souligne M. Shenfeld.

«Mais je crois que c'est un moindre mal pour la Banque du Canada. Elle a manifesté son malaise envers l'endettement des Canadiens, mais l'économie ne peut se permettre de mettre fin à cela si le secteur de l'énergie ne permet pas à l'économie de croître.»

Cet effet sur le marché immobilier se fera toutefois moins sentir dans l'ouest du pays, selon l'économiste de la Banque TD, Craig Alexander.

«Je crois qu'un recul des ventes et un ralentissement de la croissance du marché immobilier sont inévitables dans les provinces dont l'économie dépend du pétrole, parce qu'au final, la croissance des revenus dans ces provinces sera moindre», juge-t-il.

«C'est un choc économique, et les marchés immobiliers sont le reflet des conditions économiques locales.»

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