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Coupes dans les universités: Coiteux préfère ne pas s'immiscer dans le dossier

21/01/2015 05:18 EST | Actualisé 23/03/2015 05:12 EDT

QUÉBEC - Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, ne trouve rien à redire des sacrifices demandés aux professeurs et au personnel des universités.

Aux prises avec des coupes de plus de 200 millions $, les universités québécoises planchent sur des mesures draconiennes pour parvenir à boucler leur budget conformément à la loi.

Parmi les avenues empruntées par les universités figurent des coupes dans la masse salariale des professeurs, des pertes de postes et des abolitions de cours.

En outre, l'Université du Québec à Montréal (UQAM) — qui doit dégager 20,7 millions $ d'économies — laisse entrevoir une réduction salariale de deux pour cent pour les professeurs et les employés.

L'ombre du couperet plane aussi sur la masse salariale des professeurs de l'Université de Sherbrooke, où une réduction de l'ordre de 6,5 pour cent est sur la table.

À Québec, même s'il n'est toujours pas question de compressions salariales, les budgets de fonctionnement des départements de l'Université Laval doivent être réduits de cinq pour cent, ce qui entraînera la disparition de certains cours.

En point de presse mercredi, au terme d'une allocution devant les membres de l'Association des constructeurs de route et de grands travaux (ACRGTQ) à Québec, le ministre Coiteux a dit ne pas vouloir «s'immiscer» dans les relations des universités avec leur personnel, d'autant plus que le dossier est teinté par un enjeu de négociation.

«Les universités sont autonomes dans leur gestion, notamment dans la gestion des conditions avec leur personnel, elles sont en négociations dans certains cas et je ne vais pas m'immiscer là-dedans», a-t-il dit.

Néanmoins, il a ajouté que «l'ensemble de la société québécoise», y compris le monde universitaire, est «appelé à faire des efforts» pour le retour à l'équilibre budgétaire.

«On a un déficit à résorber et on a un équilibre budgétaire à maintenir, et ne pas le faire, ça veut dire qu'on en reporterait encore davantage sur la carte de crédit de l'ensemble des citoyens et particulièrement les jeunes, tout particulièrement les jeunes. Ça demande des efforts, c'est vrai», a-t-il noté.

Lorsqu'un reporter lui a fait remarquer que les coupes touchaient directement les professeurs et les services aux étudiants plutôt que les dépenses administratives, le ministre a exprimé sa confiance envers les universités.

«Les universités sont autonomes et elles vont prendre les meilleurs moyens, j'en suis persuadé. Elles vont demander la collaboration de leurs employés, dont les professeurs, et on va laisser aller les choses en toute autonomie de leur côté», a-t-il dit.

L'automne dernier, le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a demandé un effort supplémentaire de 31,6 millions $ au réseau universitaire, un fardeau qui s'ajoute à une ponction de 172 millions $ réclamée quelques semaines plus tôt.

Ces compressions soulèvent l'ire de Québec solidaire (QS), qui y voit une attaque de plein fouet contre le système d'éducation.

«C'est démagogique et irresponsable de faire croire que le réseau d'éducation coûte trop cher alors qu'on investit dans l'avenir de nos enfants. Aucun dollar n'est perdu lorsqu'on parle de ça», a soutenu la cochef de QS, Françoise David, dans un communiqué.

«Le premier ministre affirme que chacun doit faire sa part pour réduire le déficit, mais elle est où la part des banques et des entreprises?», a-t-elle poursuivi.

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