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Commission Charbonneau: Luc Leclerc est radié de l'Ordre des ingénieurs pour 10 ans

21/01/2015 04:00 EST | Actualisé 21/01/2015 04:01 EST
PC

L'un des témoins marquants de la Commission Charbonneau dans le volet de ses audiences portant sur la Ville de Montréal, Luc Leclerc, vient d'être radié du tableau de l'Ordre des ingénieurs du Québec.

Le Conseil de discipline de l'Ordre des ingénieurs a fait connaître sa décision, mercredi, en précisant que Luc Leclerc était radié pour une période de 10 ans. La cause avait été entendue avant les Fêtes.

Le Conseil de discipline condamne également M. Leclerc à payer l'ensemble des déboursés reliés à l'audition de la plainte à son sujet, y compris les frais de publication.

M. Leclerc a été reconnu coupable pour avoir "manqué d'intégrité" et "s'être prêté à des procédés malhonnêtes et douteux", en acceptant à plusieurs reprises des montants d'argent comptant qui ont été évalués à une somme de 400 000 $ à 500 000 $. Cet argent provenait d'entrepreneurs qui faisaient affaires avec l'employeur d'alors de M. Leclerc, soit la Ville de Montréal.

Il a également été reconnu coupable d'avoir manipulé "de façon illicite les informations transmises à son employeur" dans le but d'avantager certains entrepreneurs.

De même, M. Leclerc a été reconnu coupable d'avoir manqué d'intégrité en acceptant à de nombreuses reprises des avantages indus de la part d'entrepreneurs, "de ne pas avoir sauvegardé son indépendance professionnelle en se plaçant en conflit d'intérêts à de nombreuses reprises, d'avoir subordonné son intérêt personnel à celui de son employeur, ainsi que d'avoir commis un acte dérogatoire

à la dignité de la profession en omettant d'aviser le syndic" de l'Ordre des infractions au Code de déontologie commises par d'autres ingénieurs.

Luc Leclerc avait témoigné en octobre et novembre 2012 devant la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics

dans l'industrie de la construction. Déjà à l'époque, il avait pris sa retraite de la Ville de Montréal.

Devant la Commission Charbonneau, il s'était notamment décrit comme de la "pâte à modeler" pour les entrepreneurs qui voulaient corrompre les ingénieurs de la Ville et ainsi parvenir à leurs fins. Il avait admis s'être mis le doigt dans l'engrenage en acceptant de participer à différents stratagèmes, puis avoir continué par la suite. Il s'était aussi décrit lui-même comme "un spécialiste en réclamations" auprès de la Ville, rendant ainsi les entrepreneurs "généreux" envers lui.

Devant la commission, il avait aussi admis avoir joué au golf avec l'ancien parrain de la mafia montréalaise, Vito Rizzuto, et avoir fait des voyages dans le Sud avec des entrepreneurs en construction.

Les faits qui ont été reprochés à M. Leclerc devant le Conseil de discipline de l'Ordre des ingénieurs se sont déroulés entre 1996 et 2009.

Le Conseil de discipline de l'Ordre indique que les sanctions qu'il impose ont pour but de protéger le public, de dissuader un professionnel de récidiver et de servir d'exemple envers les autres ingénieurs membres de l'Ordre.

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