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Agents tués: l'Alberta ordonne une évaluation sur la remise en liberté de Rehn

21/01/2015 09:16 EST | Actualisé 23/03/2015 05:12 EDT

SAINT-ALBERT, Alta. - Le ministre de la Justice de l'Alberta a ordonné mercredi une enquête sur la façon dont la Couronne s'est occupée d'un individu au lourd passé criminel qui a abattu deux policiers de la GRC, à Saint-Albert, au nord-ouest d'Edmonton, le week-end dernier.

Jonathan Denis a indiqué que cette évaluation sera menée en plus des enquêtes qui pourraient être déclenchées en rapport avec cette affaire.

De son côté, la GRC mènera une enquête interne sur ses propres rapports avec le tueur, a indiqué le commissaire adjoint du détachement de l'Alberta, Marlin Degrand. Le corps policier aimerait savoir s'il a tout fait en son pouvoir pour empêcher Shawn Maxwell Rehn de se retrouver en liberté. L'évaluation remontera jusqu'aux premiers démêlées de Rehn avec la justice. M. Degrand a dit que la GRC était préoccupée par le fait qu'un individu ayant un tel dossier judiciaire ait pu se confronter à des policiers.

Le commissaire adjoint a ajouté que la GRC avait déjà commencé à retracer les documents relatant la carrière criminelle de Rehn. Elle veut déterminer si elle avait pu l'empêcher de poursuivre cette mauvaise voie après ses premiers démêlées judiciaires. Elle compte aussi analyser la récente confrontation de l'individu avec les gendarmes Wynn et Bond.

Un des deux policiers, l'agent David Matthew Wynn, est mort mercredi des suites de ses blessures, a confirmé la Gendarmerie royale du Canada (GRC). M. Wynn n'a jamais repris conscience après la confrontation. Il était âgé de 42 ans. Il laisse dans le deuil sa femme et ses trois fils.

La sous-commissaire Marianne Ryan a publié un communiqué pour dire que le corps policier avait perdu un «membre dévoué dans l'exercice de ses fonctions», ajoutant que «les mots ne suffisent pas pour exprimer la profonde tristesse qui nous ressentons aujourd’hui».

Le premier ministre Stephen Harper a exprimé ses condoléances à la famille, aux amis et aux collègues de David Wynn. Il a déclaré qu'il s'agissait «d’une agression lâche et honteuse contre nos vaillants agents de police».

M. Denis a parlé d'un événement «tragique, malheureux et inutile». «Les agences impliquées se posent une question: cet incident aurait-il pu être évité? Cette question, je la pose également. À des moments comme celui-ci, il est important de réagir aux faits. C'est la raison pour laquelle j'ai demandé une évaluation des procédures de la Couronne», a exprimé le ministre.

Le ministère de la Justice de l'Alberta avait ordonné une enquête publique médico-légale après que James Roszko eût tué quatre policiers de la GRC à Mayerthorpe, en mars 2005.

L'agent Wynn et son collègue Derek Walter Bond ont été blessés samedi matin près du casino Apex de Saint-Albert alors qu'ils enquêtaient sur un vol de voiture. Ils tentaient d'intercepter Shawn Maxwell Rehn, un individu au dossier criminel très étoffé. Il était d'ailleurs en attente d'un procès pour une dizaine de chef d'accusation.

Selon la GRC, le suspect a tiré deux fois, atteignant les policiers avant même qu'ils ne puissent se défendre. L'agent Wynn a été atteint à la tête, alors que l'agent Bond a été touché à l'épaule et au torse.

Le corps inanimé du suspect de 34 ans a été retrouvé samedi après-midi dans une maison près du casino où l'incident s'est produit.

Le commissaire de la GRC, Bob Paulson, s'est demandé pourquoi un individu tel que Rehn était en liberté. Il a affirmé qu'il n'avait jamais lu un dossier criminel aussi complexe.

Shawn Maxwell Rehn était notamment sous le coup d'une interdiction à vie de détenir des armes, alors qu'il avait commis plusieurs crimes impliquant des armes à feu par le passé.

En 2012, la Commission des libérations conditionnelles du Canada a évalué qu'au moment de sa libération obligatoire, son potentiel de réintégration sociale était bas. L'homme a été arrêté de nouveau en juillet 2013 en compagnie d'un ancien détenu, lui aussi en libération conditionnelle. En fouillant son automobile, les policiers avaient découvert une pipe à crack, un fusil à plomb et des couteaux.

La commission avait alors réprimandé Rehn pour avoir ignoré l'ordre d'interdiction. L'homme a été condamné à 57 reprises depuis avril 1999.

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