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08/02/2014 01:16 EST | Actualisé 12/01/2016 10:16 EST

Comment conjuguer le remboursement de la dette et l'épargne-retraite ?

Deborah Pendell via Getty Images

En cette période de cotisation aux REER, on répète sur toutes les tribunes l’importance d’épargner. Reste que si votre niveau d’endettement est élevé, vous pourriez être tenté d’y renoncer. Comment conjuguer le remboursement de la dette et l'épargne-retraite ?

«Les gens qui arrivent à l’aube de la retraite devraient viser de plus avoir un gros niveau endettement», affirme d’entrée de jeu la directrice générale d’Option consommateurs, Caroline Arel. Selon la spécialiste en matière de gestion budgétaire, «le ratio entre le paiement des dettes et l’épargne devrait pencher du côté de l’épargne à l’approche de la retraite».

Nombreux sont les quinquagénaires et même les sexagénaires qui n’ont pas fini de payer leur hypothèque, constate l’experte, qui estime que ce niveau d’endettement élevé s’explique en partie par le plus grand nombre de familles recomposées.

«Les gens se séparent dans la quarantaine ou la cinquantaine et procèdent à l’achat d’une nouvelle maison. Ce n’est plus rare de voir des gens qui approchent de la retraite et qui ont encore des dettes hypothécaires à rembourser. Ça vient faire compétition à l’épargne que les gens peuvent mettre pour leur retraite.»

En dépit de nos dettes, il ne faut pas renoncer à mettre des sous de côté pour nos vieux jours, insiste Mme Arel. «Si un contribuable bénéficie d’un plan de retraite avec son employeur, c’est moins un problème. Mais s’il n’est pas doté d’un programme de retraite avantageux, il doit se fier à lui-même et commencer tôt.»

Payer ses dettes ou épargner?

Reste que dans certains cas, il vaut mieux régler ses dettes que cotiser à un régime enregistré d’épargne-retraite. «La valeur nette de notre bilan personnel étant l'actif moins le passif, on peut effectivement améliorer notre portrait financier en travaillant sur l'un ou l'autre», souligne à ce titre la Régie des rentes du Québec sur son site web (www.rrq.gouv.qc.ca/).

Selon la RRQ, pour déterminer s’il vaut mieux payer ses dettes ou épargner, il faut examiner l'écart entre le taux d'emprunt de notre dette et le rendement attendu d’un régime de retraite. Dans le cas d’un emprunt dont les intérêts ne sont pas déductibles, comme une hypothèque résidentielle, la Régie conseille de rembourser la dette «si le rendement attendu est bien moindre que le taux d'emprunt». Sinon, il est suggéré de cotiser à un REER.

Il faut savoir que l’hypothèque fait partie des sources d’endettement possédant le taux d’intérêt le plus faible. Ainsi, de façon générale, cotiser à un REER ne nuira pas aux ménages ayant des paiements hypothécaires, puisqu’il s’agit d’une dette étalée sur le long terme.

«C’est très important d’apparier la durée des prêts avec la durée des biens qu’on consomme, souligne Charles Paiement, conseiller en placement pour la Financière Banque Nationale. Si on achète une maison dans laquelle on va vivre longtemps, on peut se permettre de payer de l’intérêt sur cette maison pendant plusieurs années. Si on achète notre épicerie hebdomadaire en empruntant à long terme, on a un problème! On ne veut pas continuer à payer pour l’épicerie de cette semaine en 2017!»

En ce sens, un ménage aux prises avec une dette à taux d’intérêt élevé (de carte de crédit, par exemple) aurait tout intérêt à privilégier le remboursement de sa dette avant d’épargner.

«Assurez-vous que vos dettes à court terme sont payées avant de cotiser à votre REER qui est à long terme», tranche le conseiller en placement.

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