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La faiblesse du prix du pétrole fera perdre 4,3 milliards $ à Ottawa

20/01/2015 03:18 EST | Actualisé 22/03/2015 05:12 EDT

OTTAWA - Le plongeon du cours du pétrole réduira les revenus du gouvernement canadien de 4,3 milliards $ cette année et portera un coup de près de 10 milliards $ aux provinces, selon un nouveau rapport publié mardi par le Conference Board du Canada.

Selon l'étude, la glissade des prix du pétrole brut devrait diminuer de 4,5 milliards $ les redevances provinciales en 2015 et devrait toucher plus particulièrement les régions de production pétrolière comme l'Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador.

En outre, le Conference Board prédit aussi que la faiblesse des prix du pétrole réduira les revenus tirés des taxes provinciales d'un autre 5,2 milliards $ cette année.

Dans son rapport intitulé «Perturbation régionale: L'impact de la baisse des prix du pétrole sur l'économie canadienne», le groupe de recherche souligne que l'important recul des prix mondiaux du pétrole depuis juin aura un impact majeur sur le Canada, un des plus grands producteurs pétroliers au monde.

Du côté des provinces, la principale victime devrait être l'Alberta, responsable de 77 pour cent de la production pétrolière du pays, mais la faiblesse des prix du brut devrait aussi faire des vainqueurs, précise le Conference Board.

En effet, le groupe de recherche voit des effets positifs pour le Québec et l'Ontario, puisque la croissance économique américaine et la faiblesse du dollar canadien devraient stimuler la demande d'exportations de ces provinces.

Les deux provinces pourraient en profiter encore davantage si leurs dépenses d'investissements étaient augmentées pour ajuster leur capacité industrielle, ce qui leur permettrait de «tirer pleinement parti» de la situation.

La publication de ce rapport survient alors que les gouvernements fédéral et provinciaux tentent de s'ajuster à l'impact de la chute des prix du pétrole et de calculer dans quelle mesure elle pourrait affecter leurs finances.

Pour Ottawa, qui profite indirectement de la production pétrolière, le jeu des prévisions s'annonce particulièrement compliqué.

La semaine dernière, le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, a annoncé que son gouvernement reporterait le dépôt de son prochain budget au moins jusqu'en avril, pour lui laisser le temps d'évaluer l'impact du plongeon du cours du pétrole et la réduction soudaine des dépenses en immobilisations des entreprises du secteur pétrole albertain.

Le ministre Oliver avait averti en novembre que la baisse des prix du brut pourrait imposer une cure de minceur de 2,5 milliards $ par année pour les revenus du gouvernement fédéral entre 2015 et 2019. Mais depuis ce moment, le cours du pétrole a retraité encore davantage, passant d'environ 80 $ US le baril à moins de 50 $ US le baril.

Mais le gouvernement fédéral ne sera pas le seul à subir l'impact de cette situation, prévient le Conference Board dans son rapport.

La Banque du Canada s'est aussi penchée sur les dommages potentiels de la baisse du cours du pétrole.

La banque centrale devrait dévoiler mercredi ses prévisions quant à l'impact du prix du pétrole sur les économies canadienne et mondiale, en même temps que son plus récent rapport sur la politique monétaire.

Le mois dernier, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a estimé que le recul du prix du pétrole pourrait retrancher 0,3 point de pourcentage à la croissance économique du pays.

Les prix mondiaux du pétrole, aujourd'hui sous la barre des 50 $ US le baril, valaient plus de 100 $ US l'été dernier. Le Conference Board s'attend à ce que le cours du brut reparte à la hausse pour atteindre 60 $ US le baril d'ici la fin de 2015. Il projette un prix moyen d'environ 56 $ US le baril pour l'ensemble de l'année.

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