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Il est temps de «tourner la page» sur les troubles économiques, dit Obama

20/01/2015 09:07 EST | Actualisé 22/03/2015 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président Barack Obama a affirmé mardi qu'il est temps pour les Américains de «tourner la page» sur des années de troubles économiques, de terrorisme et de longues guerres, profitant de son sixième discours sur l'état de l'Union pour faire valoir que sa présidence marquera une ère nouvelle de leadership plus réfléchi et d'une économie en croissance.

M. Obama s'est adressé pour la première fois de sa présidence à un Congrès entièrement contrôlé par les républicains. Mais les politiques avancées dans ce discours laissent croire que le président démocrate n'a aucunement l'intention de dévier de son propre ordre du jour à la faveur des priorités des républicains.

Dans son discours, il a tenu à dresser un portrait rassurant des États-Unis en ce début d'année 2015 tout en faisant l'éloge de son nouveau programme économique qui permettra, selon lui, d'accroître les possibilités d'emplois.

«L'ombre de la crise est passée», a-t-il lancé.

Au cours de son discours sur l'état de l'Union — l'avant-dernier de sa présidence —, M. Obama a déclaré qu'il revient désormais à tous de choisir qui «nous voulons être au cours des quinze prochaines années, et pour les décennies à venir».

Contrairement aux traditions, le président Obama n'a pas présenté une liste d'épicerie mais il a plutôt tenté de vendre l'idée d'une reprise économique aux États-Unis. Il a réclamé un assainissement des moeurs politiques à Washington et a promis de collaborer avec les républicains. Il s'est toutefois engagé à imposer son véto à tous projets de loi visant à éliminer ou édulcorer les principales mesures de son administration.

«On ne peut pas mettre en danger la sécurité des familles en éliminant leur assurance-santé, en imposant les nouvelles règles voulues par Wall Street, en recommençant les batailles du passé pour l'immigration alors que nous avons un système à remettre sur pied. Si un projet de loi visant à instaurer de telles mesures était déposé sur mon bureau, il aura droit à mon véto.»

M. Obama a proposé des augmentations d'impôts pour les Américains bien nantis, avec l'objectif d'utiliser ces revenus pour financer des mesures bénéficiant aux gens de la classe moyenne et à faibles revenus dont les salaires sont demeurés stagnants depuis des années. Il espère que ces mesures lui permettront de financer les mesures en éducation qu'il espère placer au coeur de son ordre du jour politique en 2015.

Le président a déclaré que le code fiscal «était rempli d'échappatoires dont les riches n'ont pas besoin». Il compte porter de 23,8 à 28 pour cent le taux d'imposition des gains en capital pour les couples gagnant plus 500 000 $. Il souhaite éliminer un crédit d'impôt sur les successions et imposer des frais aux grandes corporations financières.

Ces propositions permettraient de générer des revenus de 320 milliards $ au cours des 10 prochaines années, ce qui permettrait d'accorder des nouveaux crédits d'impôt à la classe moyenne. Ces revenus permettraient aussi d'éliminer les droits de scolarité dans les collèges communautaires.

«Accepterons-nous une économie qui ne profite qu'à quelques-uns ?, a demandé le président. Allons-nous plutôt nous engager dans une économie qui augmentera les revenus et les chances de tous ceux qui font des efforts.»

Il a aussi défié les républicains d'augmenter le salaire minimum stable à 7,25 $ depuis 2009, affirmant que si les parlementaires croyaient vraiment qu'on pouvait travailler à temps plein et soutenir une famille de quatre en gagnant moins de 15 000 $ par année, ils devraient tenter d'adopter ce style de vie. Le président espère porter le salaire minimum à 10,10 $.

Toutefois les républicains rechignaient même avant le début du discours, dressant un portrait beaucoup moins rose de l'économie américaine. «Nos voisins se plaignent de la stagnation des salaires et des pertes d'emploi. Nous avons constaté la peine causée par l'annulation des régimes d'assurance-santé et l'augmentation des factures d'assurance, a déclaré la sénatrice Joni Ernst, de l'Iowa. Nous voulons des solutions sérieuses. Trop souvent, l'état fédéral réagit avec le même état d'esprit qui a mené à des échecs comme l'Obamacare. C'est un état d'esprit qui nous a donné des arguments politiques mais pas des solutions sérieuses.»

Au chapitre de la politique étrangère, M. Obama a dit qu'il demandera une nouvelle autorisation des élus du Congrès pour poursuivre l'intervention militaire contre l'État islamique en Irak et en Syrie, promettant de traquer les terroristes «du Pakistan jusqu'aux rues de Paris». Il a réclamé des lois pour accroître les capacités de défense des États-Unis contre des cyberattaques.

Le président a demandé aux parlementaires de lever l'embargo commercial contre Cuba. Il a promis d'imposer son véto à toute loi imposant des sanctions contre l'Iran alors que les négociations sur le nucléaire iranien se poursuivent avec Téhéran. «Des nouvelles sanctions ne garantiront qu'un échec diplomatique qui aliénera aux États-Unis l'appui de ses alliés et permettra à l'Iran de relancer son programme nucléaire», a prévenu M. Obama.

Se distançant, pour une rare fois, du Parti démocrate, le président a insisté sur l'importance de ratifier des accords de libre-échange avec l'Asie et l'Europe, s'attirant ainsi plus applaudissements de ses adversaires républicains que des alliés sceptiques.

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