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Guy Lafleur ne voulait pas de traitement de faveur, ni être traité plus durement

20/01/2015 01:34 EST | Actualisé 22/03/2015 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Guy Lafleur ne voulait pas de traitement de faveur parce qu'il est connu, a-t-il témoigné à son procès, mardi. Mais il ne voulait pas être traité plus durement non plus en raison de sa célébrité.

Il est toutefois d'avis que la Couronne aurait dû en tenir compte avant d'émettre un mandat contre lui: parce qu'il est connu, son arrestation allait forcément défrayer les manchettes et avoir plus d'impact pour lui que pour d'autres.

Si la Couronne l'avait réalisé et en avait tenu compte, elle y «serait allée plus mollo», croit-il.

Visiblement fatigué, l'ancien joueur étoile du Canadien de Montréal a subi sa quatrième et dernière journée de contre-interrogatoire, mardi au palais de justice de Montréal.

Il poursuit en dommages la Ville de Montréal et une policière, ainsi qu'une procureure de la Couronne, pour 2,16 millions $. Il soutient avoir été arrêté et accusé sans fondement et que les autorités se sont acharnées sur lui.

M. Lafleur a été accusé en 2008 d'avoir offert des versions contradictoires dans le dossier criminel de son fils Mark, lorsqu'il a témoigné pour qu'il soit remis en liberté. Condamné en Cour supérieure, Guy Lafleur a ensuite été acquitté par la Cour d'appel en 2010.

Son arrestation a été largement médiatisée, ce qui a porté atteinte à sa réputation, plaide-t-il. La Couronne aurait pu émettre une simple citation à comparaître, plutôt qu'un mandat d'arrestation, ce qui lui aurait notamment évité des manchettes du genre «Guy Lafleur recherché».

Selon lui, la Couronne aurait dû procéder par citation à comparaître — mais pas parce qu'il est connu, soutient-il. Plutôt parce que le mandat d'arrestation est utilisé pour de «vrais criminels», ce qu'il n'est certainement pas. Surtout qu'il collaborait avec les policiers et ne cherchait pas à fuir la justice, a-t-il fait valoir devant le juge André Wery de la Cour supérieure.

Alors que l'avocate de la procureure de la Couronne poursuivie a tenté de lui faire dire qu'il souhaitait que la Couronne agisse différemment dans cette affaire en raison de sa notoriété, il a rétorqué deux fois: «ça n'a pas rapport».

La femme de Guy Lafleur, Lise, a aussi témoigné mardi et a raconté comment l'arrestation de son mari a affecté toute la famille.

«Quand il a été accusé, il a plié des genoux», a-t-elle dit.

«L'impact sur lui a été indescriptible. Je ne peux pas trouver les mots pour dire le désespoir», a expliqué Mme Lafleur, la voix tremblante. «Il était dans un état lamentable.»

Pierre Boivin, l'ancien président du Canadien de Montréal, a confirmé que cette arrestation a constitué un tournant dans la vie de Guy Lafleur.

«On a vu un changement là dans sa disposition, dans son humeur, dans son.... ce que j'appellerais son état d'âme là, à partir du moment où lui a été accusé», a déclaré M. Boivin lors d'un interrogatoire fait en juillet dernier et dont la transcription a été déposée au procès.

L'actuel propriétaire du Canadien, Geoff Molson, a témoigné de la même façon. Se faisant demander si sa perception du Guy Lafleur a été modifiée après qu'il eut été accusé, M. Molson a opiné.

«C'est sûr que ça a été modifié parce qu'il était (...) publiquement, il a été arrêté», a-t-il dit.

Cette preuve est importante pour Guy Lafleur qui tente de démontrer que sa réputation a été entachée par les procédures criminelles. Et pour réfuter l'argument de la défense selon lequel M. Lafleur et sa femme ont peut-être été affectés par son arrestation, mais qu'ils étaient déjà fortement éprouvés, depuis de nombreuses années, par les frasques de leur fils Mark.

M. Molson — tout comme M. Boivin — a toutefois témoigné à l'effet que les mésaventures en justice de l'ancien joueur vedette n'ont rien changé à son contrat d'ambassadeur du Canadien et qu'ils n'ont jamais pensé à le révoquer.

«Il est un membre important de la grande famille des Canadiens», a résumé M. Molson.

Quant à la procureure de la Couronne poursuivie par M. Lafleur, Lise Archambault, elle a déclaré s'être fait donner le dossier de M. Lafleur pour l'évaluer. Ensuite, elle a eu une réunion avec les trois procureurs en chef adjoints au sujet de Guy Lafleur. Elle leur a dit à ce moment qu'elle était d'avis qu'il avait commis l'infraction d'avoir donné des témoignages contradictoires.

«Tout le monde autour de la table était d'accord que c'était le cas», a déclaré Me Archambault.

Le procès doit durer au total trois semaines et devrait se terminer le 30 janvier.

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