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Cameroun: 10 000 personnes fuient Boko Haram

20/01/2015 01:03 EST | Actualisé 22/03/2015 05:12 EDT

YAOUNDÉ, Cameroun - Plus de 10 000 Camerounais apeurés ont fui les régions limitrophes de l'État nigérian de Borno, dans la foulée des attaques perpétrées par le groupe militant Boko Haram.

Au cours du dernier mois, les djihadistes ont attaqué plus d'une vingtaine de villages et de villes du nord du Cameroun. Le groupe a aussi kidnappé des dizaines de personnes dimanche, dans le village de Mabass.

Les insurgés pillent les vivres et le bétail, ce qui permet de craindre une crise alimentaire et humanitaire, a prévenu mardi le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, René Emmanuel Sadi.

Le ministre de l'Éducation Monouna Fotso a ajouté que dix écoles ont été abandonnées après les attaques de dimanche, en plus des 140 qui ont fermé leurs portes depuis que l'insurrection déborde au Cameroun.

M. Fotso a dit que le gouvernement essaie d'accommoder les étudiants concernés.

Boko Haram occupe des villages dans un secteur d'environ 250 kilomètres le long de la frontière entre le Nigeria et le Cameroun. Les attaques transfrontalières se font de plus en plus fréquentes.

Le président camerounais Paul Biya a demandé l'aide de la communauté internationale, la semaine dernière, pour combattre les terroristes.

Les attaques du groupe islamiste au Nigeria et au Cameroun illustrent la menace régionale grandissante que représente Boko Haram. L'attaque de dimanche a eu lieu trois jours après que le président camerounais, Paul Biya, eut annoncé que le Tchad déploierait un «important contingent» pour soutenir l'armée camerounaise qui tente de repousser l'offensive des extrémistes.

Par ailleurs, la procureure de la Cour pénale internationale a annoncé mardi son intention de traîner devant la justice tous les auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité commis au Nigeria. Fatou Bensouda a indiqué qu'une enquête préliminaire a été lancée, dans la foulée d'allégations selon lesquelles Boko Haram utilise des enfants-soldats et a chassé des centaines de personnes de chez elles.

Elle a aussi prévenu que le gouvernement nigérian a la responsabilité de poursuivre en justice les auteurs de crimes qui «choquent la conscience de l'humanité».

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