POLITIQUE

Trois provinces plaident pour les services français de Radio-Canada en haut lieu

19/01/2015 02:25 EST | Actualisé 21/03/2015 05:12 EDT
CP

MONTRÉAL - Trois ministres du Québec, de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick ont rencontré la haute direction de Radio-Canada, lundi à Montréal, pour plaider en faveur des services français de la société d'État dans l'ensemble du pays, malgré les compressions budgétaires.

Les trois ministres ont rencontré la presse en fin de journée dans l'édifice de Radio-Canada, après qu'ils eurent également discuté avec le groupe Les Amis de Radio-Canada et son représentant, Pierre Maisonneuve.

Le ministre québécois responsable de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier, la ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, et la ministre responsable de la Francophonie du Nouveau-Brunswick, Francine Landry, n'ont pu dire s'ils avaient réussi à ébranler le président-directeur général de Radio-Canada, Hubert Lacroix, avec leur plaidoyer en faveur des services français de Radio-Canada, mais, au moins, le message a été passé, ont-ils fait valoir.

«On ne cherche pas à ébranler personne; on cherche à ce que le message concernant le diffuseur public qu'est Radio-Canada soit reconnu, partagé par tous. Et ce diffuseur public-là doit aussi avoir des moyens, en français, dans toutes les communautés du Canada», a plaidé le ministre Fournier.

Les ministres ontarienne et néo-brunswickoise ont livré un plaidoyer bien senti pour faire comprendre l'importance pour leur communauté des services français de Radio-Canada.

«Les Franco-Ontariens _ et je parle aussi au nom des autres francophones dans l'Ouest du pays _ ils veulent s'entendre, ils veulent se voir, parce que la circulation dense du pont Champlain de Montréal, et bien ça les intéresse peut-être moins. On veut s'entendre, on veut se voir, et puis Radio-Canada, c'est le seul filet de communication francophone. Il y a des gens qui maintiennent leur francophonie parce qu'ils sont de famille exogame ou ils vivent dans un milieu très anglophone. Alors c'est Radio-Canada qui leur permet de maintenir leur langue et leur culture», a plaidé la ministre ontarienne Meilleur.

De son côté, la ministre Landry a jugé qu'il était encore trop tôt dans ses démarches pour dire si elle était rassurée quant à l'avenir de Radio-Canada. «Pour l'instant, on est au niveau des discussions. On a des collègues qui voudraient également faire partie de ce groupe-ci dans les autres provinces. On va voir avec les prochaines discussions qu'on aura au niveau des ministres de la Francophonie là où ça ira», a-t-elle dit.

Une des voies envisagées est de faire aussi pression sur le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), qui encadre les télédiffuseurs et veille au respect de leur licence, de leur mandat.

«Je crois fermement que le CRTC a un rôle à jouer et le CRTC doit jouer son rôle», a martelé la ministre Meilleur.

«Ils ont refusé de nous rencontrer, mais peut-être qu'on va redemander d'aller les rencontrer pour leur faire part de cette inquiétude-là», a-t-elle ajouté.

D'autres rencontres ont déjà eu lieu avec le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, et d'autres auront lieu avec les caucus des partis fédéraux notamment, a souligné le ministre Fournier.

La direction de Radio-Canada a annoncé une série de compressions budgétaires l'an dernier, à cause de la baisse de la contribution fédérale, de la chute de ses revenus publicitaires et de la perte des droits de diffusion du hockey.

En avril dernier, des coupes de 130 millions $ avaient été annoncées, entraînant la perte d'un équivalent de 657 postes à temps complet au cours des deux prochaines années. Entre autres mesures, les bulletins d'information des stations régionales passaient de 60 à 30 minutes et les productions maison devaient être en moins grand nombre. En juin dernier, la direction de Radio-Canada avait annoncé qu'elle devrait diminuer ses effectifs de 20 pour cent au cours des cinq prochaines années.

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