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Le nombre de médecins en exercice au Québec continue de croître

19/01/2015 04:19 EST | Actualisé 21/03/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - La guerre des chiffres que se livrent les fédérations de médecins et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pourra être mise à jour, du moins en ce qui a trait au nombre de médecins.

Le bilan annuel des effectifs du Collège des médecins du Québec (CMQ), rendu public lundi, démontre une nouvelle augmentation du nombre de médecins en exercice au Québec en 2014, soit un ajout net de 393 médecins, en hausse de 2 pour cent par rapport à 2013.

«L'augmentation nette se manifeste depuis quelques années à la suite de l'augmentation des admissions dans les facultés de médecins il y a une dizaine d'années», a expliqué le président et directeur général du Collège, le docteur Charles Bernard.

«Cette tendance va se maintenir encore durant quatre ou cinq ans parce que les facultés de médecine ont accueilli un grand nombre d'étudiants. La tendance devrait se stabiliser après cela», a-t-il ajouté.

En tout, le Québec comptait 19 540 médecins en exercice l'an dernier, répartis presque exactement moitié-moitié entre spécialistes et médecins de famille.

Le bras de fer entourant le projet de loi 20, qui prévoit notamment une baisse de rémunération des médecins qui ne prennent pas en charge un nombre de patients jugé satisfaisant par le ministre Barrette, s'articule autour d'une bataille de données, dont celle des effectifs.

D'un côté, le ministre Barrette justifie son offensive en affirmant que «le nombre de médecins augmente et le nombre de services diminue», alors que les fédérations de médecins spécialistes et omnipraticiens (FMSQ et FMOQ) rétorquent que la clientèle est plus lourde et exige davantage de temps par visite et que leurs propres données démontrent un nombre d'heures travaillées de leurs membres beaucoup plus élevé que ce qu'affirme le ministre.

Cette guerre de chiffres a atteint son paroxysme avec l'admission par le ministre Barrette qu'il invitait ses membres, lorsqu'il était lui-même président de la Fédération des médecins spécialistes, à répondre de façon «plus positive» aux sondages portant sur le nombre d'heures travaillées.

Par ailleurs, les deux fédérations admettent que le nombre d'heures travaillées par les médecins a diminué au fil des ans. D'une part, la nouvelle génération de jeunes médecins est davantage préoccupée par la conciliation travail-famille. D'autre part, la profession se féminise rapidement. Bien que les hommes représentent toujours la majorité (53,5 pour cent) des médecins en exercice, les femmes comptent pour 57 pour cent des résidents et pour 63 pour cent des étudiants et elles seront très bientôt majoritaires en exercice.

«Il y a quatre ans, je disais que bientôt on atteindrait 50-50 pour la proportion hommes-femmes dans la profession médicale. Je peux vous dire maintenant que dans quelques années, ce sera 60-40 en faveur des femmes», a noté le docteur Bernard.

Conséquemment, les congés de maternité sont beaucoup plus nombreux qu'autrefois et, du côté des hommes, l'introduction des congés parentaux a également mené à une réduction des heures travaillées.

Quoi qu'il en soit, l'augmentation du nombre de médecins est incontestable et est d'ailleurs constante depuis quelques années.

Toutes les régions sauf trois ont connu une augmentation du nombre de médecins. Seules l'Abitibi, la Côte-Nord et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont connu une baisse. Il s'agit toutefois de baisses minimes qui n'inquiètent pas le président du Collège.

«C'est variable dans les régions, ce n'est pas une tendance. Ces variabilités sont souvent temporaires», a expliqué le docteur Bernard.

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