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Une dame prépare des paquets de nourriture qu'elle envoie... dans le Nord canadien

19/01/2015 01:57 EST | Actualisé 19/01/2015 02:32 EST

jennifer gwilliam Personne ne devrait avoir à payer 28$ pour une laitue, surtout pas au Canada.

C'est ce que croit Jennifer Gwilliam, qui passe des journées à organiser des paquets de nourriture destinés à des personnes qu'elle n'a jamais rencontrées. Ces paquets ne sont pas envoyés à un pays en voie de développement: ils partent pour les régions nordiques du Canada.

Les prix élevés des produits au Nunavut, par exemple, ont soulevé l'ire de bien des Canadiens au cours des dernières années. Quelque 47$ pour une boîte de savon à lessive, 105$ pour une caisse d'eau...

«C'était simplement choquant de voir les prix payés pour de la laitue ou de l'eau, a souligné Mme Gwilliam au Huffington Post Canada. J'étais choquée. C'est déjà difficile de joindre les deux bouts sans ce genre de prix. Alors j'ai voulu faire quelque chose.»

Après avoir fait quelques recherches, la résidante de Shawnigan Lake, en Colombie-Britannique, tombe sur le groupe Facebook «Feeding My Family», conçu pour sensibiliser à cette crise. Mme Gwilliam voulant transformer son indignation en action, elle décide, l'été dernier, de lancer son propre groupe, «Helping Our Northern Neighbours».

Son groupe permet ainsi de jumeler des individus qui souhaitent envoyer des paquets à d'autres qui en ont grand besoin. Ceux qui participent peuvent donner un paquet pour un seul envoi ou contribuer à aider une famille sur une base régulière.

«Quand j'ai vu que des gens dans le nord du pays devaient parfois passer des journées sans manger et que des enfants ne mangeaient pas à leur faim, je me suis dit que c'était comme au tiers-monde et que ça ne devrait pas être comme ça dans notre pays», a-t-elle fait valoir.

elder northern food crisis

Elisapee Ishulatak, 88 ans, reçoit un paquet. «Je crois que l'expression dans son visage veut tout dire», souligne Jennifer Gwilliam.

Plus de 400 noms cherchant à recevoir de l'aide figurent sur la liste. Et seulement la moitié a pu compter sur de l'aide jusqu'à maintenant. Selon la dame de 59 ans, plusieurs des donneurs vivent eux-mêmes d'un chèque de paie à l'autre, ce qui ne les empêche pas de redonner à ceux qui en ont encore plus besoin.

Candy Ivalutanar, qui habite à Repulse Bay, au Nunavut, avec son mari et leurs deux enfants, dit avoir pleuré lorsqu'elle a reçu un colis pour la première fois.

«J'ai dit à mon mari: "Je croyais que nous n'allions rien recevoir. Je croyais que personne ne voudrait nous aider." Cela m'a tellement touchée», a raconté Mme Ivalutanar au Huffington Post.

Elle répète fréquemment à la personne derrière les paquets - déjà plusieurs ont été envoyés - à quel point elle l'aime. «Je l'aime tellement pour toute l'aide qu'elle nous apporte, lance-t-elle. Même si c'est juste un peu, c'est beaucoup pour moi.»

northern food crisis

Semi Malliki, 88 ans, avec un paquet. «Cette boîte était pour lui et son frère de 77 ans. Sa fille nous assure qu'il était sans voix lorsqu'il a reçu le paquet», dit Jennifer Gwilliam.

Le programme Nutrition Nord, qui subventionne les envois de nourriture aux détaillants par avion pour amoindrir les coûts, ne suffit pas. Les coûts d'envoi sont élevés, explique M. Gwilliam. Pour elle, l'envoi d'un paquet qui pèse de 15 à 20 kg peut coûter de 85 à 150$.

«Ces personnes demandent des choses de base. Une couverture, des bas ou des bottes pour les enfants. Elles veulent des céréales pour déjeuner. Elles ne cherchent pas du luxe. Un pays comme le Canada devrait être en mesure de soutenir tous ses citoyens» - Jennifer Gwilliam

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l’anglais.

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