DIVERTISSEMENT

La tuerie à l'école Sandy Hook a inspiré le réalisateur J.C. Chandor

18/01/2015 03:44 EST | Actualisé 18/01/2015 03:44 EST
John Lamparski via Getty Images
NEW YORK, NY - DECEMBER 07: Director J.C. Chandor attends 'A Most Violent Year' New York Premiere at Florence Gould Hall on December 7, 2014 in New York City. (Photo by John Lamparski/WireImage)

LOS ANGELES - Le réalisateur J.C. Chandor semble être incapable de s'échapper de la violence.

Chaque scénario qu'il reçoit contient une forte dose de violence. Et quand il visite l'école élémentaire de sa fille, que voit-il ? Un garde armé.

Son plus récent long-métrage "L'Année de toutes les violences", qui doit sortir en salle le 30 janvier, peut ressembler à un autre film célébrant les exploits d'as de la gâchette mais en réalité, ce lent drame est né de l'hésitation du réalisateur à tourner des films présentant la violence comme étant divertissante. Ce film n'aurait peut-être jamais vu le jour si Chandor n'avait eu besoin d'un contrat.

"Ça peut sembler futile de le dire aujourd'hui mais il n'y a pas si longtemps, je ne savais même pas si j'allais tourner un autre film", raconte le réalisateur de 41 ans. Chandor a commencé à paniquer lors du montage de son deuxième film "Seul en mer", sorti en 2013. Son premier long-métrage "Marge de manoeuvre" est passé sur les grands écrans en 2011.

"Je venais de réaliser un film sur un homme seul sur un bateau. Je ne savais comment il allait être accueilli. Je ne savais si j'allais pouvoir me retrouver du travail."

Quand on a commencé à lui envoyer des projets de film, il a été surpris de constater que "90 pour cent d'entre eux étaient grotesquement violents".

Il a dû faire un choix. D'un côté, il savait qu'il devait travailler. Alors, faire un film ultra-violent, sauvage même, était le seul moyen de tourner un troisième long-métrage même si cela signifiait qu'il devait réfléchir "à trouver sept façons de couper la tête à quelqu'un" pour soutenir financièrement sa famille. De l'autre, il s'insurgeait contre le fait qu'un tel film soit vu comme un simple divertissement.

Alors qu'il s'était mis en quête d'un sujet, il a vu comment un simple acte violent et horrible peut changer une ville entière, si ce n'est pas un pays. L'école élémentaire Sandy Hook, où, le 14 décembre 2012, 26 personnes ont été assassinées par un tireur fou, est située près de la ville où Chandor habite. Quand il est allé reconduire sa petite fille à son école après la tuerie, il n'a pu s'empêcher de remarquer le garde armé placé à l'entrée.

"L'idée d'une escalade de la violence a commencé à gerber, dit-il. C'est la conséquence la plus dévastatrice de la violence. La propagation est le véritable, le plus grave dommage social de la violence.

Le réalisateur a commencé à consulter les statistiques. Il a alors constaté un fait: 1981 a été la pire année pour New York au chapitre de la criminalité. Ensuite, le phénomène recule.

A ce moment-là, Chandor a compris qu'il tenait son film, qu'il pouvait raconter une histoire violente mais significative.

"L'Année de toutes les violences" mêle la structure d'un film de gangster classique à une étude de caractères se déroulant dans une entreprise familiale. Le réalisateur tournait autour de cette idée depuis un bon moment.

Le film met en vedette Oscar Isaac et Jessica Chastain. Il raconte l'histoire d'un couple d'entrepreneurs qui monte un commerce de vente de mazout dans un quartier aux prises avec la violence. Ils sont menacés par des concurrents, des voyous tentent d'entrer chez eux. Malgré tout, la caméra s'infiltre dans leur vie normale de tous les jours.

Chandor et son directeur de la photo, Bradford Young, se sont inspirés des photographies de Jamel Shabazz, un photographe newyorkais qui a souvent pris comme sujets des Afro-Américains ou des immigrés sud-américains vivant dans la Grosse Pomme à cette époque.

En plus d'intégrer les teintes jaunâtres de Shabazz, Chandor et Young ont choisi de se distancier du centre-ville. Les gratte-ciel de Manhattan demeurent à l'arrière-plan pendant la grande partie du film.

"Ce choix virtuel augmente les enjeux. On peut assumer qu'il y a toujours quelqu'un en embuscade prêt à sauter sur quelqu'un pour le voler, dit Young qui voulait créer une ambiance d'isolement.

C'est comme si les personnages de Chandor vivaient à l'autre bout du monde. "Ces gens s'isolent de la ville. Ils vivent en banlieue. Ils se déplacent dans une grosse automobile allemande. Leur bureau ressemble à une enceinte entourée d'une muraille. Ils tentent de s'isoler de la violence quotidienne mais ils n'y arriveront que s'ils vivent dans une société viable où ils pourront faire des affaires."

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