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L'État islamique libère 200 yézidis en piètre état, prisonniers depuis 5 mois

18/01/2015 09:58 EST | Actualisé 20/03/2015 05:12 EDT

ALTON KUPRI, Irak - Le groupe djihadiste armé État islamique a libéré environ 200 yézidis qu'il gardait captifs depuis cinq mois, en Irak, surtout des aînés infirmes qui les ralentissaient, ont rapporté dimanche des autorités militaires kurdes.

Presque tous les prisonniers libérés sont en mauvaise santé et portent des marques d'abus et de négligence. Trois d'entre eux sont de jeunes enfants.

Dimanche, ils étaient soignés et interrogés dans la ville d'Alton Kupri.

Le général Shirko Fatih, commandant des forces peshmerga kurdes dans la ville de Kirkuk, dans le nord de l'Irak, croit que les militants ont relâché les prisonniers car ils représentaient un poids et qu'il était probablement devenu trop cher de les nourrir et les soigner.

En août, des dizaines de milliers de yézidis ont fui lorsque le groupe État islamique a pris le contrôle de Sinjar, près que la frontière syrienne. Mais des centaines d'entre eux ont été capturés par les extrémistes. Des femmes yézidies sont devenues esclaves, selon des organismes internationaux et des responsables irakiens.

Les militants ont transporté samedi les prisonniers de Tall Afar au pont de Khazer, près de la capitale régionale kurde, Irbil.

«Ils sont en très mauvais état, surtout leur condition psychologique», a affirmé Hersh Hussein, un représentant de bureau du gouverneur d'Irbil qui se trouvait à Alton Kupri, ajoutant qu'ils recevaient les premiers soins et les traitements les plus importants.

Maha Faris Qassem, 35 ans, a été libérée avec ses deux jeunes garçons. Ils sont tous les deux couverts des pieds à la tête de piqûres d'insectes qui semblent s'être infectées. La dame a affirmé que leurs conditions de captivité étaient si horribles que les infections étaient inévitables.

Environ 50 000 yézidis, dont la moitié sont des enfants selon l'ONU, ont fui dans les montagnes entourant Sinjar durant le massacre. Certains s'y trouvent toujours.

Le 8 août, les États-Unis ont lancé des frappes aériennes contre les combattants de l'État islamique et des parachutages de secours humanitaire en Irak, en partie pour répondre à la crise dans les montagnes de Sinjar. Depuis, une coalition de huit pays s'est joint aux États-Unis pour mener plus de 1000 frappes aériennes en Irak pour éradiquer le groupe État islamique, qui détient maintenant le tiers de l'Irak et de la Syrie.

Ce groupe militant sunnite perçoit les yézidis et les musulmans chiites comme des infidèles et a demandé aux chrétiens de se convertir à l'islam ou de payer une taxe spéciale.

«Je ne sais pas exactement pourquoi ils nous ont libérés», a dit Gawre Semo, 69 ans. «Ce sont de très mauvaises personnes. Ils ont pris nos enfants et ils ont pris les femmes. Ils ont fait de mauvaises choses avec nous. Ils nous ont humiliés.»

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