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Des Montréalais se mobilisent contre le groupe islamiste nigérian Boko Haram

18/01/2015 08:51 EST | Actualisé 20/03/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le gouvernement du Canada doit en faire davantage pour s'attaquer aux horreurs commises par les membres du groupe islamiste Boko Haram au Nigeria, affirment plusieurs participants à un rassemblement organisé dimanche à Montréal.

«Ça nous semble loin les problèmes provoqués par Boko Haram, mais il faut néanmoins se sentir concerné, car c'est une question humanitaire. Il y a de nombreuses victimes et il ne faut pas rester insensible à cette barbarie», a indiqué Lauriane Ayivi, l'une des organisatrices de l'événement, à l'occasion d'une entrevue avec La Presse Canadienne.

La vigile de dimanche, ainsi qu'une pétition qui devrait voir le jour sous peu, visent à encourager le gouvernement à participer à une coalition militaire pour lutter contre Boko Haram et à accroître son aide humanitaire pour les victimes du groupe.

«Il ne faut pas essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête des membres de Boko Haram. C'est irrationnel, il n'y a aucune logique, il n'y a rien d'humain. C'est juste de la folie», estime Mme Ayivi.

Elle rapporte que plusieurs des personnes qui ont pris part à la manifestation de dimanche craignent pour la sécurité des membres de leur famille qui vivent au Nigeria et au Cameroun voisin, où Boko Haram commet ses actes de violence.

La députée néo-démocrate Sadia Groguhé, ainsi que le président du conseil de la Ville de Montréal et conseiller municipal Frantz Benjamin, ont pris la parole pendant le rassemblement, tout comme plusieurs artistes et intervenants sociaux.

Sur la page Facebook de l'événement, de nombreux citoyens ont partagé leur appui au mouvement. «Il faut arrêter le massacre», a écrit une internaute. «Je serai à ce rassemblement pour contrer notre indifférence face à la souffrance de ceux qui subissent les violences inhumaines de Boko Haram», écrit un autre.

Des milliers de manifestants se sont aussi rassemblés ce week-end dans plusieurs villes de la planète, alors que se poursuivaient les attaques de Boko Haram en Afrique.

Le groupe islamiste a attaqué un village du nord du Cameroun tôt dimanche, où il a tué trois personnes et en a enlevé des dizaines d'autres, dont bon nombre d'enfants.

Dans une attaque distincte au Nigeria, un kamikaze a tué quatre personnes et a fait 35 blessés à Potiskum, dans le nord-est du pays, selon une télévision nigériane.

Alors que Paris et Washington évoquent des «crimes contre l'humanité», les pays d'Afrique de l'Ouest envisagent la création d'une force multinationale pour combattre Boko Haram.

Le groupe islamiste contrôle la quasi-totalité de l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, où il mène une violente insurrection depuis six ans. Selon certaines estimations, le groupe aurait tué plus de 13 000 personnes et ses attaques ont fait 1,5 million de déplacés. Le groupe a aussi enlevé des centaines de jeunes filles.

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