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Les musulmans divisés sur la couverture du nouveau numéro de Charlie Hebdo

17/01/2015 12:04 EST | Actualisé 19/03/2015 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - La couverture du nouveau numéro de Charlie Hebdo, qui présente une caricature de Mahomet, a encore fait réagir les musulmans de partout autour du monde, samedi.

Certains d'entre eux ont une fois de plus dénoncé l'attaque meurtrière perpétrée dans les locaux parisiens de l'hebdomadaire satirique, alors que d'autres ont contesté la publication de dessins de leur prophète — pratique considérée comme un blasphème.

Au Niger, en Afrique de l'Ouest, au moins dix personnes sont mortes lors de manifestations violentes pour contester la publication de la nouvelle caricature de Mahomet.

Le président Mahamadou Issoufou a indiqué que cinq victimes avaient péri dans des incendies qui ont éclaté dans des églises et des bars de la capitale de Niamey. Vendredi, au moins cinq autres personnes avaient perdu la vie à Zinder, dans le sud du pays, après les services religieux.

En Afghanistan, le président Ashraf Ghani a qualifié la une du magazine «d'irresponsable», ajoutant que la liberté d'expression devait être utilisée pour promouvoir la tolérance entre les religions.

Le premier ministre irakien a lui aussi condamné la nouvelle édition du magazine. Dans un communiqué, Haider al-Abadi a écrit que de tels gestes offensants pourraient mener à d'autres tueries. Il a appelé toutes les parties à cesser la division et l'exclusion. M. al-Abadi a toutefois réitéré qu'il condamnait les attentats à Paris, qui n'auraient rien à voir avec l'Islam, selon lui.

D'autres manifestations ont eu lieu devant les ambassades françaises de Sanaa, au Yémen et de Karachi, au Pakistan.

Dans la ville de Gaza, des vandales ont inscrit des graffitis sur les murs d'un centre culturel français. Un des messages invitait les journalistes français à «aller au diable».

Par ailleurs, les autorités judiciaires iraniennes ont interdit un journal qui a publié une édition dont la une appuierait l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo.

Selon l'agence de nouvelles semi-officielle Tasnim, Mohammad Ghoochani, le rédacteur en chef du quotidien Mardom-e-Emrooz, ou Today's People, a affirmé que son journal a reçu l'ordre de fermer pour avoir publié en première page un article lié à la controverse entourant le Charlie Hebdo. Le titre de l'article, publié mardi, citait l'acteur George Clooney qui disait «Je suis Charlie».

L'Iran a dénoncé tant le magazine, qui publie des caricatures du prophète Mahomet, que l'attaque sanglante des bureaux de Charlie Hebdo qui a fait 12 morts.

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