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Iran : un journal interdit pour avoir mentionné en Une «Je suis Charlie»

17/01/2015 12:17 EST | Actualisé 17/01/2015 12:20 EST
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La justice iranienne a ordonné l'interdiction du quotidien réformateur Mardom-e Emrouz pour avoir mentionné en Une et en gros titre le slogan "Je suis Charlie", a indiqué samedi l'agence de presse Irna.

A la Une du journal, on voit une grande photo de l'acteur américain George Clooney, très populaire en Iran, et en sur impression le titre "Clooney : Je suis Charlie". M. Clooney avait repris à son compte ce slogan lors des cérémonies des Golden Globes dimanche dernier.

"Le quotidien a été interdit en lien avec (le slogan) Charlie Hebdo", a déclaré Mohammad Ghouchani, son rédacteur en chef, cité par le site d'information nasimonline.ir.

L'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, qui avait publié des caricatures du prophète Mahomet, a été le 7 janvier la cible d'une attaque qui a décimé la rédaction du journal (12 morts) et a été revendiquée par le groupe Al-Qaïda dans la péninsule islamique. 

Mercredi le journal français a de nouveau publié en Une une nouvelle caricature du prophète représenté la larme à l'œil et tenant une pancarte "Je suis Charlie", le slogan des manifestants qui ont défilé en France et à l'étranger.

L'Iran a condamné l'attaque contre Charlie Hebdo, mais a aussi dénoncé la publication d'une nouvelle caricature du prophète. Plusieurs journaux conservateurs ont demandé une action de justice contre le quotidien Mardom-e Emrouz("Le peuple d'aujourd'hui" en persan).

Vendredi, les imams de la prière ont dénoncé lors des prêches à travers le pays la publication de la caricature du prophète. 

Mardom-e Emrouz s'était donné pour objectif de défendre le gouvernement du président modéré Hassan Rohani. Ce dernier, un religieux modéré élu en juin 2013, a souhaité plus de libertés dans les affaires culturelles et sociales, notamment concernant la presse.

Mais il doit faire face à l'opposition des conservateurs, qui contrôlent plusieurs organes du pouvoir et critiquent régulièrement les positions du gouvernement, trop libérales à leurs yeux.   

Depuis son élection, trois journaux réformateurs ont été définitivement fermés. Mardom-e Emrouz est le quatrième titre à être interdit.

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