NOUVELLES

Histoire d'eau à Longueuil: la Ville se fait rassurante et admet des «ratés»

17/01/2015 04:51 EST | Actualisé 19/03/2015 05:12 EDT

LONGUEUIL, Qc - Même si elle a annoncé la bonne nouvelle à ses résidants en début de soirée vendredi, la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, est revenue à la charge samedi pour marteler que l'eau de sa ville est potable malgré l'odeur et le goût de diesel qui devraient persister quelques jours.

L'eau est conforme aux normes et peut être consommée par les citoyens, a répété Mme St-Hilaire, même s'il se peut qu'en certains endroits, une odeur et un goût de diesel soient perçus. «En conséquence, la distribution d'eau se poursuivra même s'il y a baisse de la fréquentation dans les différents points de distribution» a-t-elle indiqué dans un point de presse au Marché public de Longueuil.

Flanquée des autorités de la Sécurité civile et de la Santé publique, Mme St-Hilaire a voulu se montrer rassurante alors que certains résidants demeurent inquiets à la suite d'une fuite de diesel mercredi à la station de pompage de la ville. Une portion s'est infiltrée dans les bassins d'eau destinée au réseau d'aqueduc.

Un avis visant à éviter de consommer l'eau a été lancé pour les gens des arrondissements du Vieux-Longueuil et de Saint-Hubert, ainsi que des municipalités de Boucherville et de Saint-Bruno-de-Montarville.

«Nos opérations sont sous contrôle. Nous poursuivons nos tests d'échantillonnage»», a soutenu la mairesse St-Hilaire en dressant un bilan de la situation.

«Les appels des citoyens ont diminué. Ils sont passés de 5000 à une centaine d'appels (par jour). Sur les sites de remplissage, on a déjà compté 1300 voiture aux 30 minutes et ce matin, c'était 50 aux 30 minutes» de préciser la mairesse.

Le docteur Jean Rodrigue, directeur par intérim de la Santé publique de la Montérégie, a lui aussi insisté sur le fait que l'eau ne représente aucune menace pour la santé des citoyens.

Mais il a reconnu qu'il peut y avoir un petit désagrément concernant l'odeur, en quelques endroits.

«L'eau potable est analysée depuis le début. Les concentrations de benzènes étaient super faibles, bien en-deçà des normes » a pour sa part indiqué Daniel Savoie, directeur régional Estrie-Montérégie pour le ministère québécois de l'Environnement.

«Il n'y avait aucune concentration importante dans les vérifications que l'on a menées en divers endroits. Et, en plus, elles baissent», a t-il signalé en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

Sur le site internet de la ville, on retrouve des fichiers d'informations sur les analyses des tests et des réponses aux questions fréquemment posées.

Les citoyens peuvent aussi suivre les messages de la ville via les réseaux sociaux Facebook et Twitter.

Caroline St-Hilaire a reconnu que la situation vécue depuis mercredi en était une «exceptionnelle» mais elle refuse de parler de crise d'autant plus que «personne n'était mort». Toutefois, elle reconnaissait qu'il y avait eu certains problèmes.

«Il y a eu des ratés. Ça partie un peu de travers, mais avant de jeter le blâme sur quiconque, on va régler le problème et après on fera un bilan. Si nécessaire, on procédera à une révision de nos protocoles, et tout sera fait afin que cela n'arrive plus», a-t-elle promis.

Mais d'emblée, elle y est allée de suggestions. «Il est toujours bon d'avoir quelques litres d'eau en bouteille dans nos maisons, minimalement, dit-elle. Trouver un million de litres d'eau très rapidement, (c'est un défi) on n'a pas ça...Pas une ville a une telle réserve dans ses bâtiments municipaux» a-t-elle averti, ajoutant qu'elle y reviendra après enquête.

«On tirera les leçons au moment opportun. S'il faut améliorer ou revoir les plans de communication, les processus d'organisation, des mesures d'urgence ou de planification, on va le faire», a promis Caroline St-Hilaire après peut-être la plus difficile semaine de sa carrière comme mairesse.

Au sujet de la facture de l'opération et des réclamations de commerçants pouvant tomber sur son bureau, là-aussi Mme St-Hilaire entend regarder tout ça en temps et lieu, refusant de se mouiller.

«L'important était d'avoir de l'eau disponible en tout temps pour la population et les employés disponibles», a-t-elle répété.

L'avis de non-consommation de l'eau a été levé vendredi soir pour 300 000 résidants de la Montérégie.

Des employés du ministère de l'Environnement resteront sur place jusqu'à dimanche pour s'assurer que la concentration des contaminants diminue graduellement.

PLUS:pc