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Terrorisme: la police européenne arrête une vingtaine de suspects

16/01/2015 05:53 EST | Actualisé 18/03/2015 05:12 EDT

BRUXELLES - Les policiers belges, allemands et français ont arrêté plus d'une vingtaine de personnes lors de perquisitions antiterroristes vendredi, alors que les autorités européennes tentent par tous les moyens d'empêcher les individus liés aux extrémistes radicaux de perpétrer de nouveaux attentats.

Le directeur de l'agence policière européenne Europol, Rob Wainwright, a indiqué à l'Associated Press vendredi que le nombre élevé de musulmans radicaux à travers l'Europe, leur manque de structure et leur sophistication de plus en plus poussée font qu'il est «extrêmement difficile» pour les forces de l'ordre de mettre en échec tous les attentats terroristes.

Entre 2500 et 5000 suspects ont quitté l'Europe pour aller combattre en Irak et en Syrie, a-t-il dit.

M. Wainwright prévient que la menace ne cesse d'augmenter, maintenant que des cellules contrôlées par un commandant bien identifié ont été remplacées par des milliers de suspects qui agissent indépendamment ou semi-indépendamment, ce qui les rend très difficiles à traquer.

Les forces de l'ordre européennes devront collaborer plus étroitement pour empêcher que ne soient commis de nouveaux attentats, comme ceux survenus la semaine dernière à Paris, a-t-il dit.

Les autorités allemandes et françaises ont arrêté vendredi 14 personnes qui entretiendraient des liens avec le groupe armé État islamique. Treize autres ont été épinglées en Belgique et deux en France, dans la foulée de l'opération antiterroriste menée jeudi dans la ville belge de Verviers.

Deux terroristes présumés ont été tués et un autre blessé lors de cette opération. Le juge fédéral belge Eric Van der Sypt a déclaré vendredi que les suspects s'apprêtaient, d'ici quelques heures, à attaquer des policiers.

Les autorités belges traquaient d'autres suspects vendredi. Quatre armes militaires, dont des fusils d'assaut Kalashnikov, ont été saisies, a dit M. Van der Sypt. Des uniformes de la police ont aussi été saisis.

Les responsables se disent raisonnablement confiants d'avoir demantelé le coeur d'une cellule terroriste importante, mais admettent que d'autres suspects courent possiblement toujours.

«Je ne peux pas confirmer l'arrestation de tous les membres de ce groupe», a-t-il dit.

Les responsables belges n'ont pas fourni de détails concernant les individus arrêtés ou tués, mais ont confirmé que la majorité sont des Belges. Ils ont répété que les cibles de ces perquisitions n'ont aucun lien connu avec les responsables des attentats de la semaine dernière en France.

Le premier ministre français Manuel Valls a déclaré vendredi que s'il n'existe aucun lien opérationnel apparent entre les deux groupes terroristes, «le lien qui existe est la volonté d'attaquer nos valeurs».

La Belgique a vu de nombreux résidants quitter son territoire pour aller combattre en Syrie et il s'agit «du pays le plus durement touché en Europe relativement à la taille de sa population», a dit Peter Neumann, du Centre international pour l'étude de la radicalisation, à Londres.

Il estime que 450 personnes sont parties de Belgique pour joindre des groupes radicaux en Syrie, et que 150 d'entre elles sont depuis rentrées au pays.

Le gouvernement belge a décidé vendredi de mobiliser l'armée pour assurer la sécurité publique, dans le cadre d'un plan adopté en moins de 24 heures par les parlementaires. Le gouvernement entend aussi criminaliser tout déplacement à l'étranger à des fins terroristes et permettre aux autorités de confisquer les papiers de ceux qui auraient l'intention de le faire.

Le bureau du procureur de Paris a annoncé l'arrestation de 12 personnes lors de perquisitions antiterrorisme. Ces opérations ciblaient des proches d'Amédy Coulibaly, qui se disait membre du groupe État islamique.

À Berlin, la police a arrêté vendredi deux hommes qui auraient recruté des combattants pour le groupe État islamique. Les procureurs ajoutent que 250 policiers ont participé, avant l'aube, aux perquisitions lancées contre 11 maisons. Cette enquête lancée il y a un mois ciblait des extrémistes turcs.

La police irlandaise a arrêté à l'aéroport de Dublin un présumé militant franco-algérien qui tentait d'entrer au pays avec un faux passeport. L'homme était dans la mire des autorités européennes depuis qu'il avait exprimé son appui, sur les médias sociaux, aux auteurs des attentats de Paris.

En Bulgarie, un citoyen français qui entretiendrait des liens avec les auteurs de l'attentat contre le Charlie Hebdo a accepté vendredi d'être extradé vers la France. L'homme de 29 ans, Fritz-Joly Joachin, était recherché par des procureurs français qui le soupçonnait d'avoir kidnappé son fils de 3 ans et de vouloir se rendre en Syrie. Dans la foulée des attaques de la semaine dernière, un deuxième mandat a été émis contre Joachin, à qui on reproche maintenant des liens avec un groupe criminel qui recrutait des combattants pour la Syrie.

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