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Rive-Sud de Montréal: l'avis de non-consommation de l'eau est levé

16/01/2015 07:26 EST | Actualisé 18/03/2015 05:12 EDT

LONGUEUIL, Qc - L'avis de non-consommation de l'eau est finalement levé sur la Rive-Sud de Montréal, permettant un retour à la normale pour près de 300 000 résidants.

La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, a assuré vendredi soir que l'eau était potable, malgré l'odeur et le goût qui persisteront encore pendant quelques jours.

Le docteur Jean Rodrigue, directeur par intérim de la Santé publique de la Montérégie, a confirmé que l'eau ne représentait aucune menace pour la santé des citoyens, ajoutant que le contaminant était en train de disparaître selon les derniers résultats des tests.

«On fait tout ce qui est possible pour essayer d'accélérer l'évacuation de ces odeurs-là et de ces goûts-là sur le réseau. Ça va s'estomper dans les prochains jours. On pense que d'ici trois, quatre, cinq jours, peut-être une semaine, il n'y aura plus d'odeur ou de goût à l'eau», a souligné Jean-Pierre Richard, directeur du génie à la Ville de Longueuil, lors de la conférence de presse réunissant tous les intervenants.

Mme St-Hilaire a indiqué que les 20 sites d'approvisionnement en eau allaient être maintenus dans les prochains jours en raison de ces inconvénients.

«Nous sommes conscients qu'il peut y avoir encore des odeurs, alors nous désirons offrir encore ce service à la population pour qu'il n'y ait pas d'inquiétude», a-t-elle expliqué.

La mairesse a tenu à remercier notamment les employés de la Ville et la vice-première ministre du Québec, Lise Thériault, qui était présente sur les lieux vendredi.

Des employés du ministère de l'Environnement resteront sur place jusqu'à dimanche pour s'assurer que la concentration des contaminants diminue graduellement.

Les citoyens de deux arrondissements de Longueuil — le Vieux-Longueuil et Saint-Hubert — ainsi que des villes de Boucherville et Saint-Bruno ne pouvaient consommer l'eau depuis jeudi à la suite d'une contamination au diesel.

Entre 20 000 et 28 000 litres de diesel s'étaient déversés dans le fleuve Saint-Laurent mercredi. Le diesel provenait d'un réservoir situé dans la station de pompage.

Plus tôt vendredi, un imbroglio bureaucratique est venu compliquer la situation. Des fonctionnaires d'Environnement Canada se seraient présentés à la station de pompage de Longueuil et auraient apposé des scellés sur les puits, empêchant la Ville de Longueuil de poursuivre les analyses qui lui étaient nécessaires pour lever l'interdiction de consommer l'eau.

La ministre québécoise de la Sécurité publique, Lise Thériault, qui se trouvait à Longueuil, serait intervenue auprès de son homologue fédéral, Steven Blaney, et ces scellés auraient été enlevés en début d'après-midi, non sans avoir provoqué un retard additionnel dans les analyses.

C'est la version des faits de Mme St-Hilaire, que la mairesse a réitérée vendredi soir.

Or, Environnement Canada, par son compte Twitter, a nié avoir apposé des scellés et dit «n'avoir imposé aucune directive sur l'eau potable à la Ville».

Depuis jeudi, les résidants concernés pouvaient se procurer de l'eau en bouteille ou remplir des cruches dans des sites d'approvisionnement prévus par les villes. Quelque 400 000 litres d'eau avaient été distribués sur le territoire en fin d'avant-midi vendredi. Les autorités avaient également livré de l'eau dans le Centres de la petite enfance et dans les résidences pour personnes âgées en plus de procéder à des livraisons à domicile pour les personnes à mobilité réduite.

La situation découlait directement du déversement de diesel dans une usine de filtration d'eau, dans la nuit de mardi à mercredi. La quasi-totalité du diesel s'est retrouvée dans les égouts de Longueuil, mais une portion s'est infiltrée dans les bassins d'eau destinée au réseau d'aqueduc.

Une enquête a été ouverte à la suite du déversement car celui-ci s'est répandu dans le fleuve et on aurait apparemment beaucoup trop tardé à aviser Urgence-Environnement.

Mme St-Hilaire estime qu'il est encore trop tôt pour dresser un bilan des événements.

«Pour l'instant, l'heure est aux remerciements, mais je prends l'engagement de revenir avec un post-mortem (sic)», a-t-elle martelé.

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