POLITIQUE

Partage des pouvoirs: Couillard se montre prudent au Pays de Galles

16/01/2015 12:48 EST | Actualisé 18/03/2015 05:12 EDT
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BRIDGEND, Royaume-Uni - Le premier ministre Philippe Couillard ne s'est pas gêné pour vanter les similarités entre le Québec et le Pays de Galles sur des dossiers comme la culture et l'économie, vendredi, mais il s'est montré moins loquace lorsque le dossier du partage des pouvoirs a été évoqué.

La dévolution mise de l'avant par le gouvernement britannique en 1997 a entre autres permis à l'Assemblée nationale galloise d'adopter des projets de loi dans 20 champs de compétence — dont la culture et l'éducation — sans avoir besoin de l'aval des autorités britanniques.

«Nous regardons (le modèle) fédéral canadien pour voir s'il peut s'appliquer au Royaume-Uni, a souligné le premier ministre du Pays de Galles, Carwyn Jones, au cours d'une mêlée de presse. La Constitution britannique doit changer.»

Ce dernier y est allé de ces commentaires aux côtés de M. Couillard, qui a passé la deuxième journée de sa mission économique et politique entre Cardiff et Bridgend, à l'invitation de son homologue gallois, afin de renforcer les relations entre ces deux juridictions.

Le premier ministre québécois s'est montré prudent dans ses commentaires, se contentant de rappeler que le fédéralisme canadien «était le plus décentralisé au monde».

«C'est quelque chose qui est vu avec beaucoup d'intérêt par des États fédérés comme le Pays de Galles, a-t-il dit. Les gens du Royaume-Uni (...) seraient très heureux d'avoir les conditions et les pouvoirs que les provinces canadiennes, et particulièrement le Québec, ont.»

M. Couillard a ajouté que la «tradition fédéraliste» canadienne reposait sur une Constitution écrite depuis plus de 150 ans et que le Québec en faisait partie — même si la province n'a toujours pas signé le document.

Il n'a pas fermé la porte à la possibilité de voir la province obtenir de nouveaux pouvoirs, mais il n'a pas dit si cela devait passer par une nouvelle ronde de négociations constitutionnelles — qui devront être initiées par d'autres provinces.

«Ce n'est pas qu'elles (les négociations) ne nous intéressent pas, a nuancé M. Couillard. Les revendications du Québec, nous voulons qu'elles se réalisent dans de bonnes conditions et sans affaiblir la province.»

Au cours de la dernière campagne électorale, ce dernier avait exprimé la possibilité d'initier des discussions afin de ramener le Québec dans le giron constitutionnel canadien. Il a toutefois changé son fusil d'épaule depuis.

L'indépendance écossaise, pas chez les Gallois

Même si les Gallois possèdent une langue et une culture distinctes, ils ne semblent pas intéressés à imiter les Écossais en tenant un référendum sur l'indépendance de leur territoire, selon leur premier ministre.

Questionné par les journalistes, M. Jones a dit que l'identité nationale galloise était très forte — une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni — mais que le référendum écossais tenu en septembre dernier n'avait pas donné le goût au Pays de Galles de faire de même.

«Ce n'est pas un dossier important ici, a-t-il dit. Le Royaume-Uni a changé pour satisfaire (davantage) les gens fiers de leur identité. En tant que fier Gallois, vivre dans un pays indépendant ne me rendrait pas plus fier.»

Outre sa rencontre avec M. Jones, le premier ministre québécois a visité l'Assemblée nationale galloise en plus de signer une entente de collaboration entre l'organisme Sherbrooke Innopole et le Life Sciences Hub Wales, un centre d'excellence des sciences de la vie.

Le partenariat vise le réseautage et la collaboration entre les organisations universitaires, les entreprises, les cliniques et les centres de financement du Québec et du Pays de Galles.

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