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Le pape François défend la position de l'Église face à la contraception

16/01/2015 08:21 EST | Actualisé 18/03/2015 05:12 EDT

MANILLE, Philippines - Le pape François a fortement défendu vendredi la position de l'Église face à la contraception, à l'occasion d'un rassemblement dans le pays catholique le plus populeux d'Asie et au cours duquel il a demandé aux familles d'être «des sanctuaires de respect pour la vie».

Le pape a aussi profité de sa première journée complète à Manille pour condamner la corruption qui mine les Philippines depuis des décennies et demander aux dirigeants de lutter contre une pauvreté «scandaleuse» et les inégalités sociales.

Le pape a été accueilli en vedette partout où il est allé, malgré l'imposant dispositif de sécurité qui avait été mis en place.

Le service de téléphonie cellulaire avait été volontairement paralysé pour une deuxième journée et les barrages policiers érigés le long de son trajet ont provoqué des embouteillages monstrueux.

Des véhicules de la police ont suivi son cortège pendant que des policiers formaient des barrières humaines devant des barricades pour contrôler les milliers de Philippins en liesse qui se massaient le long du parcours emprunté par le pontife.

La police dit que 86 000 personnes s'étaient rassemblées depuis le plus grand stade sportif de Manille, qui ne peut accueillir que 20 000 personnes, où le pape devait rencontrer des familles philippines. C'est à ce moment qu'il a répété que l'Église s'oppose fermement à la contraception. Il a toutefois aussi charmé la foule en y allant de quelques blagues et en tentant de s'exprimer en langage gestuel.

Le pape François évite habituellement les questions de doctrine les plus épineuses, estimant que ses deux prédécesseurs ont rendue la position de l'Église amplement claire. Il a dit vouloir faire de l'Église un lieu d'accueil et non de règles.

Toutefois, ses commentaires de vendredi visaient certainement à donner un petit coup de pouce au clergé local, qui a récemment perdu un combat de titans face au président Benigno Aquino III quand celui-ci a autorisé le gouvernement à fournir des moyens contraceptifs aux pauvres.

«Soyez des sanctuaires de respect pour la vie. Proclamez que toute vie humaine est sacrée de la conception à la mort naturelle, a lancé le pape à la foule. Quel présent cela serait pour la société si toutes les familles chrétiennes respectaient cette obligation noble.»

Il a ensuite dévié de son discours pour louanger le pape Paul VI, pour avoir «courageusement» résisté à ceux qui demandaient un examen des enseignements de l'Église concernant la sexualité dans les années 1960. Le pape François a souligné que Paul savait que certaines familles trouveraient difficile de respecter ces enseignements et qu'il «a demandé aux confesseurs de faire preuve de patience et de compassion dans certains cas».

«Il a vu à long terme. Il a vu les peuples de la Terre et vu la destruction des familles en raison du manque d'enfants, a dit le pape. Paul VI était courageux. C'était un bon pasteur. Il a mis ses brebis en garde contre les loups qui s'approchaient, et depuis les cieux il nous bénit aujourd'hui.»

Le pape François a ensuite mis les familles en garde contre ce qu'il a appelé «la colonisation idéologique», une référence apparente au mariage homosexuel qui demeure illégal aux Philippines.

Le pape a dévié de son itinéraire prévu pour visiter de manière impromptue les locaux de la Fondation Anak-Tnk, qui accueille quelque 300 enfants de la rue. Des photos montrent François entouré de dizaines d'enfants. Ces enfants avaient envoyé des milliers de lettres au pape, en septembre, pour lui demander de venir les visiter.

Le pape visitera samedi le centre des Philippines pour offrir son appui aux victimes du typhon Haiyan qui, en 2013, a fait plus de 7300 morts et disparus, en plus d'anéantir des villages entiers. Sa visite culminera avec une messe en plein air dimanche, à laquelle pourraient assister des millions de personnes.

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