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Un an de probation pour un accusé dans l'affaire Rehtaeh Parsons, à Halifax

15/01/2015 12:47 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

HALIFAX - Un deuxième accusé qui avait plaidé coupable dans l'affaire de pornographie juvénile dont a été victime l'adolescente Rehtaeh Parsons, à Halifax, s'est excusé à sa famille, en cour, jeudi, plaidant toutefois qu'il n'était pas un intimidateur.

Le jeune homme de 20 ans a été condamné à un an de probation. Il devra aussi suivre une thérapie, ne pas communiquer avec la famille de la victime, s'abstenir de consommer ou posséder de l'alcool, et fournir un échantillon d'ADN, entre autres conditions.

Le prévenu, que l'on ne peut identifier parce qu'il était mineur au moment des faits, avait plaidé coupable en novembre d'avoir distribué une image pornographique de Rehtaeh Parsons, qui était alors âgée de 15 ans, à l'automne 2011.

«J'ai commis une grosse erreur. Quand j'ai envoyé la photo, j'ai perdu le contrôle de ceux qui l'ont envoyée et ceux qui l'ont reçue», a-t-il affirmé. Il a dit ignorer que la jeune fille subirait du harcèlement.

«Je n'ai jamais participé à l'intimidation. Si j'avais su ce qu'une seule photo pourrait faire, il n'y en aurait pas eu. Cela a eu des effets négatifs importants dans ma vie et celle de mes proches. Ils comprennent que j'étais jeune et que j'ai fait une erreur», a-t-il poursuivi.

Un autre accusé dans cette affaire a obtenu en novembre une absolution conditionnelle, après avoir plaidé coupable à l'accusation de production de matériel pornographique juvénile. Le garçon, aujourd'hui âgé de 20 ans, avait pris une photo de l'accusé et de la victime alors qu'ils avaient une relation sexuelle.

Rehtaeh Parsons est morte lorsque ses proches ont demandé à ce que l'on débranche les appareils qui la maintenaient en vie. Un peu plus tôt, en avril 2013, la jeune fille, alors âgée de 17 ans, avait commis une tentative de suicide. Selon sa famille, l'adolescente avait été victime d'intimidation constante depuis la publication de la photo, un an et demi plus tôt.

L'adolescente ne savait pas qu'elle était photographiée, a indiqué le juge Gregory Lenehan. Après la publication de l'image, son monde a basculé, ce qui a mené à sa mort, selon lui.

«Cette image est une violation de l'intégrité personnelle et de l'humilité de Rehtaeh Parsons (...) C'est un crime infâme. Vous avez allumé le feu et c'est devenu complètement hors de contrôle», a déploré le juge.

Plus tôt, les parents de la victime avaient témoigné.

Son père a parlé au nom de sa fille en affirmant qu'après les événements, elle avait tout perdu; ses rêves, ses espoirs et sa dignité. Sa mère a quant à elle regretté qu'elle n'ait pas pu la protéger d'une telle «cruauté».

«J'ai essayé de la consoler, mais elle s'est effondrée émotionnellement. La cruauté dont elle a été victime aurait été trop lourde pour un adulte», a-t-elle constaté.

La façon dont la police et la Couronne avaient traité l'affaire a été plus tard critiquée, et elle fait maintenant l'objet d'un examen des autorités concernées.

Après enquête, la police avait estimé, de concert avec la Couronne, qu'il n'y avait pas matière suffisante à porter des accusations, même si l'on détenait la photographie incriminante. Une semaine après le décès de la jeune femme, la police a rouvert l'enquête à la suite de «nouvelles informations», et des accusations ont finalement été portées.

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