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Thomas Mulcair fouette l'ardeur de ses troupes et attaque Justin Trudeau

15/01/2015 02:27 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

OTTAWA - Le Nouveau Parti démocratique (NPD), toujours à la traîne dans les sondages, tente de donner un sérieux coup de barre, à huit mois du déclenchement prévu des élections générales, en remaniant l'entourage du chef et en reprenant ses attaques contre Justin Trudeau.

Thomas Mulcair a annoncé jeudi qu'il nommait un nouveau chef de cabinet, Alain Gaul, un avocat montréalais qui avait occupé ce poste à l'époque où le chef du NPD était ministre de l'Environnement dans le gouvernement de Jean Charest. M. Gaul remplace Raoul Gebert, qui avait mené avec succès la campagne à la direction de M. Mulcair, et qui demeurera auprès du chef à titre de conseiller.

M. Mulcair a aussi annoncé jeudi qu'il rappelait auprès de lui quelques vétérans en vue de la prochaine campagne électorale. Ainsi, Brad Lavigne, l'un des artisans de la «vague orange» qui a déferlé sur le Québec en 2011 — et propulsé pour la première fois de son histoire le NPD dans le rôle d'Opposition officielle aux Communes —, sera conseiller spécial pour la campagne. M. Lavigne était déjà très proche de l'ancien chef Jack Layton, mort d'un cancer quelques mois après la fulgurante percée néo-démocrate de 2011.

Après cette victoire morale majeure, les néo-démocrates étaient persuadés de pouvoir défaire les conservateurs de Stephen Harper lors des prochaines élections, mais l'arrivée de Justin Trudeau à la tête du Parti libéral du Canada a complètement changé la donne. Depuis l'élection du fils de Pierre Elliott Trudeau, il y a 21 mois, les libéraux, moribonds après le dernier scrutin, ont remonté dans les sondages, pour occuper maintenant la première position, tout juste devant les conservateurs. Le NPD, par contre, a reculé loin derrière jusqu'en troisième place, gravitant autour de 20 pour cent d'appuis.

M. Mulcair a pourtant fait bien meilleure figure que Justin Trudeau en Chambre, selon la plupart des observateurs, et il égrène depuis l'automne dernier des éléments majeurs de sa plateforme électorale, pour démontrer le sérieux de sa démarche, alors que le chef libéral attend le déclenchement de la campagne.

Mais rien jusqu'ici n'a réussi à renverser la vapeur pour le NPD. La perception voulant que le parti éprouve des difficultés s'est concrétisée par ses défaites successives lors des élections complémentaires, et par le départ de vétérans respectés comme Yvon Godin et Libby Davies. Pire encore: l'ex-président du caucus néo-démocrate, Glenn Thibeault, député de Sudbury, a surpris tout le monde, le mois dernier, en annonçant son départ de la scène fédérale pour briguer la candidature libérale lors d'une élection complémentaire provinciale en Ontario.

À l'ouverture de la réunion pré-sessionnelle du caucus, jeudi à Ottawa, M. Mulcair a livré un discours digne d'une campagne électorale. Il a notamment mis en pièces le bilan économique du gouvernement Harper tout en attaquant M. Trudeau, estimant que les familles de la classe moyenne se portent aujourd'hui moins bien, et que seul le NPD offre l'expérience et le contenu pour remplacer les conservateurs.

«Mettre le Canada sur la bonne voie, ça veut dire freiner l'inégalité en commençant par mettre fin au fractionnement du revenu, une mesure de M. Harper qui n'aide que les plus riches au Canada», a-t-il dit à ses collègues députés.

M. Mulcair a par ailleurs mis l'accent sur ses 35 ans d'expérience en politique, mais aussi sur sa jeunesse passée au sein d'une famille de 10 enfants de la classe moyenne, «qui a travaillé fort, qui a joué selon les règles, et vécu selon ses moyens», une allusion à peine voilée à l'enfance privilégiée de Justin Trudeau, qui s'adresse constamment à cette même classe moyenne.

«Si on n'a pas l'expérience, si on n'a pas de plan concret, si on refuse de dire quelles sont les solutions, c'est qu'on n'est pas prêt à faire le travail» a-t-il lancé. «Mais Justin Trudeau pense quand même qu'il peut hériter du pouvoir, même s'il n'a rien à proposer.»

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