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Médecins et Barrette: l'AMQ invite à abandonner la dynamique d'affrontement

15/01/2015 01:28 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - À son tour, l'Association médicale du Québec se mêle des discussions entre le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et les syndicats de médecins concernant les conditions de travail de ces derniers.

L'AMQ a diffusé une lettre ouverte, jeudi, dans laquelle elle reproche au ministre de mesurer la productivité des médecins selon une logique «réductionniste, tronquée et simpliste». Elle fait valoir que la productivité d'un médecin ne se mesure pas qu'au nombre d'actes médicaux facturés qu'il pose.

Le ministre Barrette a déposé l'automne dernier le projet de loi 20, qui vise notamment à faciliter l'accès aux services des médecins de famille et des médecins spécialistes.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux veut ainsi contribuer à régler les problèmes récurrents d'accès à un médecin de famille pour bon nombre de Québécois. Entre autres mesures, la loi prévoit qu'un médecin omnipraticien devra assurer le suivi médical d'un nombre minimal de patients, à défaut de quoi sa rémunération sera réduite.

La loi prévoit aussi qu'un médecin spécialiste doit recevoir en consultation un nombre minimal de patients ailleurs qu'au service d'urgence d'un établissement.

La loi confère également au ministre, pour un temps limité, le pouvoir de déterminer dans certaines circonstances «de nouvelles conditions et modalités de rémunération applicables aux médecins».

L'Association médicale du Québec déplore, de façon générale, le ton acerbe des échanges entre le ministre et les omnipraticiens. Elle juge ce ton «improductif».

Néanmoins, elle dit garder espoir que le gouvernement abandonnera sa dynamique d'affrontement et discutera avec les syndicats de médecins des meilleures façons d'améliorer l'accès aux services de santé.

Elle suggère d'autres moyens pour parvenir à accroître la productivité des médecins québécois, parmi lesquels l'accès au Dossier médical électronique. Ce qu'on appelle le DMÉ doit permettre au médecin d'avoir plus facilement accès aux résultats des tests que le patient a passés, par exemple. L'AMQ fait valoir que le Québec accuse du retard à ce sujet comparativement aux autres provinces canadiennes.

L'association propose aussi de mieux organiser le travail de façon à confier certaines tâches à d'autres membres de l'équipe de soins que les médecins.

Finalement, elle évoque le mode de rémunération à l'acte des médecins, ajoutant que dans d'autres provinces, le recours à la mixité des modes de rémunération a permis d'améliorer l'accessibilité aux services de santé, surtout en première ligne. Selon l'AMQ, les médecins du Québec sont prêts à discuter ouvertement des différents modes de rémunération, à condition qu'ils aient voix au chapitre.

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