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L'enquête préliminaire des trois accusés de Lac-Mégantic est fixée au 12 mars

15/01/2015 12:22 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les trois employés de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) qui font face chacun à 47 accusations de négligence criminelle ayant causé la mort relativement à la catastrophe ferroviaire de juillet 2013, reviendront devant le tribunal le 12 mars prochain afin de fixer une date pour leur enquête préliminaire.

Les avocats du conducteur de train Tom Harding, du contrôleur ferroviaire Richard Labrie et du directeur des activités de la MMA au Québec, Jean Demaître, ont demandé une remise au juge Conrad Chapdelaine, eux qui ont eu les éléments de preuve au dossier au cours des derniers mois.

Les accusés n'avaient pas d'obligation de se présenter en personne mais Tom Harding était tout de même sur place, jeudi au palais de justice temporaire aménagé dans un édifice public de Lac-Mégantic.

En septembre dernier, le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait confirmé qu'il n'y aurait pas d'accusations de portées contre Ed Burkhardt, qui était président de la MMA à l'époque de la tragédie, au grand dam de la population de la ville estrienne qui estimait que celui-ci devait répondre des lacunes en matière de sécurité sur son réseau.

Les trois accusés s'exposent, s'ils devaient être reconnus coupables, à des peines d'emprisonnement à vie.

Le Syndicat des Métallos a par ailleurs annoncé jeudi qu'il mettra près de 200 000 $ à la disposition des accusés syndiqués — Thomas Harding et Richard Labrie — afin de les aider à défrayer les coûts de leur défense. Jean Demaître n'est pas syndiqué.

L'argent a été amassé principalement auprès de syndiqués.

Le syndicat réitère son désarroi de voir les travailleurs de la MMA accusés alors que le gouvernement fédéral, la compagnie et son président s'en tirent indemnes.

Les Métallos et les avocats de MM. Harding et Labrie avaient demandé l'automne dernier à la Couronne de retirer les accusations, à la lumière des conclusions du rapport du Bureau de la sécurité des transports (BST).

Ils demandaient au DPCP de réévaluer le dossier en tenant compte du rapport, qui désigne la «faible culture de sécurité» de la MMA comme un facteur ayant mené à la tragédie. La Montreal, Maine & Atlantic Railway Canada, une filiale de la MMA, qui a fait faillite, est visée par les mêmes accusations que les trois hommes.

Le rapport désignait 18 facteurs au total. Il citait notamment Transports Canada pour sa surveillance insuffisante de l'industrie ferroviaire, et Tom Harding, qui n'a pas actionné un nombre suffisant de freins à main sur le train et n'a pas fait les vérifications nécessaires avant de laisser le convoi sans surveillance pour la nuit.

La Couronne avait toutefois répondu que le rapport du BST ne changeait rien aux preuves de la police qui ont déjà été évaluées.

De nombreux résidants de Lac-Mégantic qui avaient assisté à l'arrivée des suspects, en mai, avaient exprimé leur désir de voir les autorités accuser les responsables gouvernementaux et ferroviaires.

Avant de quitter le train, le soir précédant le déraillement, M. Harding avait téléphoné à la MMA pour rapporter un problème mécanique sur la locomotive et une épaisse fumée qui sortait du tuyau d'échappement. L'entreprise lui avait dit qu'il pouvait laisser le train pour la nuit, et il s'est retiré dans sa chambre d'hôtel.

Plus tard dans la nuit, un incendie s'est déclaré dans la locomotive. Les pompiers ont éteint le moteur, ce qui a désactivé les freins à air. Un contrôleur de voie ferrée, qui n'avait pas d'expérience avec les locomotives, a rencontré les pompiers sur les lieux. Le train a éventuellement commencé à rouler seul vers Lac-Mégantic, où il a déraillé, puis explosé.

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