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Le pape François veut parler de pauvreté pendant sa visite aux Philippines

15/01/2015 08:13 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

MANILLE, Philippines - Le pape François a témoigné jeudi de son désir de parler de pauvreté, d'exploitation et d'injustice pendant sa visite aux Philippines, le plus grand pays catholique d'Asie.

Ce sont des thèmes qui risquent de résonner profondément dans un pays où la pauvreté touche près du quart des 100 millions d'habitants.

Les cloches des églises ont retenti à travers le pays et des centaines d'enfants ont dansé et agité des petits drapeaux du Vatican et des Philippines, jeudi, quand le pape est sorti de son avion pour être accueilli par le président Benigno Aquino III.

Le pape a annoncé ses priorités aux journalistes avant d'entamer la deuxième partie de son voyage en Asie, pendant le vol entre le Sri Lanka et Manille. Il a aussi commenté les récents attentats terroristes à Paris, déclarant que la liberté d'expression a des limites, surtout quand elle insulte ou ridiculise la foi d'autrui.

Il a ensuite insisté pour dire qu'il est «aberrant» de tuer au nom de Dieu et que la religion ne peut jamais servir de prétexte à la violence.

Lors de son séjour aux Philippines, il a dit que «le coeur du message sera les pauvres, les pauvres qui veulent progresser, les pauvres qui ont souffert du typhon Haiyan et qui continuent à souffrir des conséquences».

La puissante tempête a fait plus de 7300 morts et disparus, en plus d'anéantir des villages entiers dans le centre du pays en 2013. La province de Leyte, où le pape rencontrera samedi des survivants, a notamment été dévastée.

Le pape a dit avoir en tête ces pauvres qui «sont confrontés à tellement d'injustices — sociales, spirituelles, économiques».

Le pape a pris place à bord de sa papamobile décapotable pour le trajet de 11 kilomètres jusqu'à la nonciature apostolique de Manille, où il séjournera. Des barrières de ciment et d'acier avaient été érigées tout le long du parcours, ce qui n'a pas empêché des dizaines de milliers de personnes de se masser pour l'acclamer.

Le gouvernement a proclamé un congé national pour la durée de la visite du pape, qui s'étirera jusqu'à lundi.

Le pape doit célébrer dimanche, dans un parc historique de Manille, une messe en plein air à laquelle pourraient assister jusqu'à six millions de personnes. Environ 50 000 soldats et autres membres des forces de l'ordre ont été mobilisés pour assurer la sécurité du souverain pontife.

Des colons espagnols ont introduit la chrétienté aux Philippines au 16e siècle, et aujourd'hui, plus de 80 pour cent des habitants du pays sont catholiques.

Il s'agit de la première visite papale en 20 ans.

Lors de son entretien avec les journalistes, le pape a ajouté que la liberté d'expression représente non seulement un droit fondamental, mais aussi l'obligation de prendre la parole pour le bien commun.

Le pape a ensuite précisé que cette liberté n'est pas sans limites, et qu'il n'est pas tolérable d'insulter ou de ridiculiser la foi des autres.

Le Vatican et quatre imams français bien connus ont récemment diffusé un communiqué commun dans lequel ils condamnent les attentats, tout en demandant aux médias de traiter les religions avec respect.

Le pape François a également dit croire, pendant le même entretien, que le réchauffement climatique est «essentiellement» l'oeuvre de l'homme. Le pape condamne fréquemment la «culture du gaspillage» et a affirmé que la nature a été surexploitée.

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