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L'agent Brassard du SPVM explique pourquoi il a dû tirer sur Alain Magloire

15/01/2015 01:57 EST | Actualisé 15/01/2015 01:57 EST
Radio-Canada.ca

Quand l'agent Mathieu Brassard du SPVM a fait feu sur Alain Magloire, c'était une question de vie ou de mort. « Il fallait que je sauve la vie du constable Joly », a déclaré ce matin le policier qui a 9 ans d'expérience.

Un texte de Isabelle Richer

Au quatrième jour des audiences publiques sur les circonstances entourant la mort d'un itinérant aux prises avec des problèmes mentaux, le 3 février 2014, le policier Mathieu Brassard explique son intervention auprès d'Alain Magloire.

Le policier Brassard rapporte que le sans-abri, armé d'un marteau, ne semblait pas avoir toute sa tête. L'individu ne répondait pas aux ordres des policiers qui lui criaient de jeter son arme. Au contraire, il s'est avancé vers eux, le bras levé, en mode attaque, à au moins une occasion.

Le policier Brassard a alors contacté le répartiteur pour demander qu'on envoie une autopatrouille munie d'un pistolet à impulsion électrique (Taser).

Les 4 agents ont rejoint Alain Magloire face au terminus d'autobus, rue Berri. L'homme a déposé ses deux sacs à dos sur le trottoir et a fait quelques pas pendant que les policiers tentaient toujours de le convaincre de se débarrasser de son marteau.

Puis deux voitures sont arrivées en renfort. Alain Magloire s'est dirigé vers l'une d'elles, qui l'a percuté légèrement alors qu'il montait sur le capot.

L'agent Brassard a vu son collègue Pascal Joly, avec qui il fait équipe depuis 4 ans, se diriger vers l'autopatrouille pour profiter de la manoeuvre de diversion afin d'agripper Magloire et de le maîtriser.

Mathieu Brassard s'est approché au pas de course, il était même sur le point de rengainer son arme à feu pour aider son partenaire à neutraliser le suspect, mais la situation a dérapé.

Le policier Joly a réussi à agripper Magloire, mais ce dernier l'a renversé et s'est retrouvé en position de force.

« J'ai vu Alain Magloire lever le bras, il a le marteau à la main. Il entreprend un mouvement pour le frapper à la tête. J'ai pointé mon arme et j'ai fait feu à 3 ou 4 reprises, jusqu'à ce que la menace cesse. »

— Le policier Mathieu Brassard

L'enquête a démontré qu'il a tiré 4 coups de feu.

L'arrivée de l'autopatrouille conduite par l'agent Denis Côté a bel et bien créé une diversion, selon le policier, mais la collision n'a pas vraiment déstabilisé le suspect.

Si le véhicule avait roulé à une vitesse supérieure, croit l'agent Brassard, et si l'impact avait été un peu plus fort, l'issue aurait peut-être été bien différente.

Le policier Mathieu Brassard a été en arrêt de travail pendant un mois après les événements et a repris progressivement ses fonctions depuis mars dernier.

Son contre-interrogatoire aura lieu cet après-midi.

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