POLITIQUE

La nouvelle charte de Bernard Drainville (VIDÉO)

15/01/2015 11:38 EST | Actualisé 15/01/2015 11:38 EST

Le député et candidat à la direction du Parti québécois (PQ) Bernard Drainville a dévoilé ce matin les détails de sa nouvelle charte de la laïcité, qu'il désigne comme une charte « plus consensuelle ». La nouvelle charte se démarque notamment de la première mouture par l'ajout d'une clause de droits acquis pour les employés de l'État actuels en ce qui a trait au port de signes religieux.

Ainsi, seulement les nouveaux employés de l'État seraient soumis à l'interdiction d'afficher leur religion.

M. Drainville indique qu'il en est venu à « donner un droit acquis » parce qu'aucun Québécois ne veut qu'un employé de l'État perde son emploi en raison du port de signes religieux, bien que la majorité soit en faveur de la laïcité.

« Mon objectif est de rallier un certain nombre de personnes qui étaient contre la charte. »

— Bernard Drainvillle

Autre élément de différence avec la première charte, afin de respecter leur tradition d'indépendance, les cégeps, les universités et les municipalités ne seraient pas obligés de se conformer à la politique de neutralité religieuse gouvernementale. Ils devraient toutefois se doter de leur propre politique sur le sujet.

Par ailleurs les policiers, les juges, les gardiens de prison, les enseignantes du primaire et du secondaire, les éducatrices en CPE et en garderies subventionnées, les fonctionnaires et les travailleurs du réseau de la santé devraient s'y conformer.

Pour « mieux lutter contre l'intégrisme religieux », Bernard Drainville propose également trois éléments complètement nouveaux:

  • la création d'un observatoire de recherche-action sur l'intégrisme religieux et les crimes d'honneur, une proposition de l'ancienne députée libérale Fatima Houda-Pépin
  • la création d'une ligne 1-800 sur les crimes d'honneur, comme il en existe en Grande-Bretagne depuis 2012
  • la création d'une équipe spéciale d'intervention composée de policiers, de travailleurs sociaux et d'intervenants de la protection de la jeunesse formés spécifiquement pour les crimes d'honneur

Pour ce qui est du crucifix du Salon bleu de l'Assemblée nationale, Bernard Drainville affirme qu'il pourrait être déplacé vers un lieu ouvert au public. Comme auparavant, il affirme cependant que cette décision revient aux députés du Parlement.

Le député affirme que son annonce n'est pas motivée par la course à la chefferie du Parti québécois, mais qu'il se sent plutôt le devoir « de faire avancer le débat ».

Il nie profiter de l'occasion que lui ont donnée les attentats terroristes de Charlie Hebdo à Paris pour faire son annonce, comme l'a critiqué la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui pilote le dossier de la neutralité religieuse de l'État.

« Je donne suite à l'engagement que j'ai pris avant Noël. »

— Bernard Drainville

Bernard Drainville pense que les Québécois considèrent « qu'on a assez discuté, qu'on a assez réfléchi ». « Il faut prendre des décisions », lance-t-il, ajoutant que la charte est un projet à long terme, puisque seul un gouvernement péquiste la ferait adopter.

« Malgré tout ce qu'on a pu dire, je persiste et signe. Je crois profondément que la laïcité est un principe fondamental. C'est un instrument collectif qui nous permet de nous rassembler autour de règles et de valeurs communes comme la neutralité de l'État, l'égalité entre les femmes et les hommes, l'idée qu'il faut des balises un moment donné pour protéger un nombre de principes qui nous tiennent à cœur. »

— Bernard Drainville

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