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La France a essuyé 19 000 cyberattaques depuis les attentats terroristes

15/01/2015 07:47 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

PARIS - Des pirates informatiques ont attaqué quelque 19 000 sites Web français depuis les attentats terroristes qui ont fait 20 morts la semaine dernière, a indiqué jeudi le chef de la cyberdéfense française.

L'amiral Arnaud Coustillière a fait cette révélation au moment où le président François Hollande tente de calmer les tensions religieuses qui s'avivent au pays.

La France est sur les dents depuis que 20 personnes, dont les trois assaillants, ont été tués lors d'une série d'attaques la semaine dernière. Le carnage a débuté dans les locaux de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, où deux hommes armés ont abattu 12 personnes.

Quelque 120 000 membres des forces de l'ordre sont déployés à travers le pays pour tenter d'éviter de nouvelles attaques.

Les nerfs ont été mis encore plus à vif dans la nuit de mercredi à jeudi, quand une policière a été heurtée par une voiture devant le palais présidentiel. Les responsables croient toutefois qu'il s'agit possiblement d'un simple accident.

Les cyberattaques étaient principalement des attaques par déni de service qui ne semblent pas avoir causé de dommages importants, a dit l'amiral Coustillière. Les site ciblés allaient d'entreprises de restauration à des régiments militaires.

«Ce qui est nouveau, ce qui est important, c'est qu'on parle de 19 000 sites — c'est du jamais vu, a-t-il lancé. C'est la première fois qu'un pays est confronté à une vague aussi importante de cybercontestation.»

L'amiral Coustillière croit que ces attaques ont été lancées en réponse aux manifestations contre le terrorisme qui ont attiré environ 3,7 millions de personnes à travers la France, dimanche. Il a mentionné des groupes «plus ou moins structurés», dont certains groupes de pirates islamiques bien connus.

La firme Arbor Networks, une entreprise privée qui surveille les menaces virtuelles, dit que la France a été ciblée par plus d'un millier d'attaques par déni de service au cours des 24 dernières heures.

Les autorités belges, de leur côté, examinent des liens possibles entre un homme arrêté dans la région de Charleroi, dans le sud du pays, et l'auteur de la prise d'otage de l'épicerie casher, Amédy Coulibaly.

«L'homme prétend qu'il voulait acheter la voiture de la femme de Coulibaly, a dit le porte-parole du procureur fédéral, Eric Van der Sypt. Pour l'instant, c'est le seul lien avec les événements de Paris.»

Certains médias rapportent toutefois que c'est en Belgique que Coulibaly a acheté toutes les armes utilisées lors des attentats.

Le président Hollande a martelé jeudi que tous les gestes antisémites ou antimusulmans doivent être sévèrement punis, dans l'espoir de calmer des tensions religieuses qui se font de plus en plus vives depuis que son pays a été frappé par son pire attentat terroriste des dernières décennies.

Ces attaques se sont produites sur un fond d'antisémitisme de plus en plus prononcé en France, en plus de donner lieu à quelques attaques contre des sites musulmans à travers le pays.

Lors d'un discours jeudi, M. Hollande a déclaré que les millions de musulmans qui habitent la France doivent être respectés et protégés. Il a aussi demandé aux musulmans eux-mêmes de respecter la nation francaise et ses valeurs strictement séculaires.

«Nous sommes tous unis face au terrorisme», a-t-il lancé devant l'Institut du monde arabe, avant d'ajouter que les musulmans sont les principales victimes de la violence extrémiste.

Le gouvernement français a aussi annoncé qu'il accordera sa citoyenneté à Lassana Bathily, un immigrant malien qui a mis des clients juifs de l'épicerie casher à l'abri avant de se faufiler à l'extérieur pour aller renseigner les policiers. La cérémonie de mardi sera présidée par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Pendant ce temps, à Paris, la première édition du Charlie Hebdo depuis les attentats s'est de nouveau envolée en quelques minutes, jeudi matin. C'est donc à dire que quelque 5 millions de copies ont été écoulées en deux jours.

Plusieurs des victimes de l'attentat ont été enterrées jeudi au cimètière Père-Lachaise, notamment les caricaturistes Georges Wolinski et Bernard Verlhac. Ce dernier, connu sous son nom d'artiste de Tignous, a été mis en terre dans un simple cercueil de bois sur lequel ses amis avaient dessiné.

Trois autres victimes — les journalistes Bernard Marie et Elsa Cayat, ainsi que le policier qui agissait comme garde du corps de Stéphane Charbonnonnier, l'éditeur du Charlie Hebdo — ont aussi été enterrés.

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