NOUVELLES

Guy Lafleur croit que tous s'étaient ligués contre lui à cause de son fils

15/01/2015 05:59 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - Soutenant avoir été accusé et poursuivi injustement au criminel, Guy Lafleur croit que les policiers et les procureurs de la Couronne se sont acharnés sur lui car ils n'avaient pas obtenu les résultats qu'ils voulaient dans le dossier de son fils Mark.

Sans aller jusqu'à prétendre qu'il y avait une «commande venue d'en haut» comme l'avait dit plus tôt son avocat, il croit qu'ils s'étaient ligués contre lui, a-t-il déclaré jeudi au palais de justice de Montréal lors de son procès civil.

«Je me suis toujours dit qu'ils n'avaient pas eu ce qu'ils voulaient dans le dossier de mon fils», a-t-il expliqué, ajoutant que le fait qu'il n'avait pas voulu témoigner au début dans la cause de son fils, pas plus que les autres membres de sa famille, avait indisposé les policiers. «Je crois que ça s'est reviré contre moi.»

«Mon 'feeling' c'était: 'on n'a pas eu le fils, mais le père, on va l'avoir», a déclaré Guy Lafleur, dont le contre-interrogatoire a débuté jeudi. Lors de celui-ci, il a maintenu, de façon sobre, la version donnée lors de son interrogatoire principal.

L'ancien joueur vedette du Canadien a été arrêté et accusé en 2008 pour avoir supposément offert des témoignages contradictoires dans le dossier criminel de son fils, accusé notamment d'agression sexuelle, afin que celui-ci puisse être remis en liberté.

Il poursuit maintenant le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) et le procureur général du Québec en dommages pour 2,16 millions $.

L'homme de 63 ans allègue que la police a bâclé l'enquête criminelle à son sujet et que la Couronne a voulu l'intimider et a commis un abus de pouvoir en déposant des accusations sans fondement contre lui. Condamné en Cour supérieure, Guy Lafleur a toutefois été blanchi par la Cour d'appel en 2010.

En contre-interrogatoire jeudi, il s'est fait rappeler certaines de ses paroles de l'époque par l'avocat de la policière visée par sa poursuite. Guy Lafleur a reconnu avoir dit à ce moment que cette affaire était «un trip de femmes». Les personnes impliquées dans la poursuite criminelle contre lui étaient surtout des femmes, des policières et des procureures de la Couronne.

«J'ai dit que je pensais que c'était un trip de femmes. Ce n'était peut-être pas les mots appropriés, a reconnu l'ex-joueur de hockey. J'ai pensé que les femmes se sont mises ensemble.»

Pour expliquer ses propos, il a dit qu'il commençait à être un peu paranoïaque considérant tout ce qui s'est passé.

Il rapporte notamment avoir vu une policière affectée au dossier de Mark embrasser en pleine salle de cour la présumée victime de son fils, ainsi que la mère de celle-ci, une situation qui l'a rendu très inconfortable, tout comme son propre avocat.

Guy Lafleur a aussi relaté avoir dû se rendre au poste de police pour se faire interroger au sujet du beau-père de Chris Nilan, un ancien joueur du Canadien. M. Lafleur a raconté s'être fait montrer une lettre du FBI, la police fédérale américaine. Le policier lui a aussi montré la photo de l'une des 10 personnes les plus recherchées par le FBI.

Les policiers lui auraient dit que le FBI l'avait à l'oeil et aussi que «quand ils se mettent à surveiller quelqu'un, ils peuvent te détruire, toi et ta famille», a relaté M. Lafleur. Les policiers auraient aussi demandé si lui et sa femme avaient des investissements et de l'argent à l'extérieur du pays — ou caché à la maison — et leurs numéros d'assurance sociale.

Pour lui, tout cela était de l'intimidation.

«J'étais sous l'impression que j'étais plus accusé que témoin», a-t-il dit.

Il croit qu'il avait un lien entre cette rencontre et le dossier de son fils car il allait témoigner dans sa cause quatre jours plus tard. «Timing is everything», a-t-il dit.

Son avocat de l'époque, le criminaliste Jean-Pierre Rancourt, a témoigné mercredi avoir aussi fait le lien et avoir perçu cet interrogatoire comme un moyen de pression.

Par ailleurs, M. Lafleur a aussi reconnu que l'organisation du Canadien de Montréal l'a soutenu tout au long de ses procédures criminelles et ne l'a pas mis de côté.

«Le Canadien a toujours été derrière moi», a-t-il dit.

L'avocat de la Ville de Montréal, Pierre-Yves Boisvert, a souligné que le Canadien est très soucieux, même très chatouilleux au sujet de son image, laissant entendre que l'atteinte à la réputation alléguée par M. Lafleur n'est vraisemblablement pas si importante que cela.

La veille, M. Lafleur avait déclaré avoir perdu des contrats de publicité et de commandites, après avoir été accusé, et que des entreprises ne voulaient plus être associées à lui.

Le procès se poursuit vendredi. Il doit durer trois semaines.

PLUS:pc