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Couillard vante la stabilité pour courtiser le milieu d'affaires à Londres

15/01/2015 11:49 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

LONDRES - Le premier ministre Philippe Couillard a courtisé le milieu des affaires londonien, jeudi, en jouant la carte de la stabilité économique dans l'espoir de stimuler les échanges commerciaux avec le Royaume-Uni — un des principaux partenaires commerciaux du Québec.

Au premier jour de sa mission économique et politique, M. Couillard a vanté, au cours d'un discours prononcé devant la Chambre de commerce Canada - Royaume-Uni, son plan de redressement des finances publiques, qu'il a qualifié de rigoureux.

«Il n'y a pas d'austérité véritable au Québec, a-t-il précisé en mêlée de presse après son allocution. Si vous comparez ce qui s'est produit en Espagne ou en Grèce, ça n'a rien à voir. Nous ne sommes pas en (période) de retrait sur les dépenses.»

Quelque 190 personnes issues du monde des affaires s'étaient déplacées pour entendre M. Couillard qui, dans un discours ponctué de passages en français, s'est affairé à vanter le climat d'affaires instauré par son gouvernement, notamment grâce au Plan Nord ainsi qu'à la Stratégie maritime, qui en est encore à ses premiers balbutiements.

Sans mentionner directement le Parti québécois (PQ), M. Couillard a souligné que «l'orientation politique» de son gouvernement ne l'avait pas forcé outre mesure à rassurer des investisseurs.

«Chaque fois qu'il y a (un dossier) qui pourrait mener sur une question concernant la séparation du Québec ou un référendum, ça inquiète les investisseurs, a-t-il dit. Ça serait naïf de prétendre le contraire.»

M. Couillard s'est également permis de souligner le retour à l'avant-scène du thème de la laïcité au PQ, expliquant qu'il s'agissait d'un «drôle de choix de priorité», alors que son gouvernement préfère parler d'économie.

Au cours de son allocution, le premier ministre a vanté l'intérêt partagé par le Québec et le Royaume-Uni pour des secteurs comme l'aérospatiale, les technologies de l'information et les sciences de la vie, entre autres. C'est, selon lui, ce qui a permis à des entreprises québécoises comme Bombardier (TSX :BBD.B) et le Groupe CGI (TSX :GIB.A) de percer le marché anglais.

Le Royaume-Uni est l'un des principaux partenaires commerciaux du Québec avec les États-Unis et la Chine. En 2013, les échanges entre les deux juridictions se sont chiffrés à 4,77 milliards $, en hausse de 9,8 pour cent par rapport à 2012. De plus, au cours des six premiers mois de 2014, les exportations du Québec vers le Royaume-Uni ont progressé de 65 pour cent.

S'il a souligné à maintes reprises que le Québec était ouvert à brasser des affaires avec des investisseurs du Royaume-Uni, M. Couillard a prévenu que sa mission de 10 jours, qui prévoit des escales à Bruxelles, en Belgique, ainsi qu'au Forum économique de Davos, en Suisse, n'allait pas nécessairement rapporter des dividendes dans un avenir rapproché.

D'après lui, ces voyages à l'étranger servent d'abord et avant tout à «tisser des liens» et «ouvrir des portes».

«Rappelez-vous FerroAtlàntica (et son usine de silicium) à Port-Cartier, a souligné M. Couillard. Ça commencé par une discussion informelle à Davos entre (Jean) Charest et le dirigeant de l'entreprise il y a trois ans. Cela ouvre des portes. Si l'on peut conclure des ententes, tant mieux, mais c'est pour nouer des contacts.»

Le premier ministre a également reconnu que cette mission commerciale et politique était coûteuse et que son gouvernement avait tenu compte du contexte budgétaire. Aucun ministre n'accompagne M. Couillard à Londres et Bruxelles. Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, sera toutefois à Davos.

En plus d'entretiens privés, le premier ministre a notamment rencontré l'équipe de la prestigieuse publication financière «The Economist» et devait faire de même avec l'agence Bloomberg pour détailler son plan de redressement des finances publiques.

«Je veux qu'ils (The Economist et Bloomberg) comprennent notre raisonnement, a dit M. Couillard. Ce sont des vecteurs d'opinion. Un article de The Economist sur le Canada et le Québec, c'est vu par le monde entier. Les gens développent une vision de ce qui se passe au Québec.»

Le premier ministre a également annoncé qu'une entente avait été signée en juin dernier entre l'Université Laval et l'Université d'Oxford dans le domaine de la génomique forestière. Cette collaboration entre les deux institutions visera les grands enjeux scientifiques reliés à la productivité ainsi qu'à la durabilité des forêts.

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