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Al-Qaïda aurait revendiqué les attaques en France après les faits

15/01/2015 10:20 EST | Actualisé 17/03/2015 05:12 EDT

WASHINGTON - Les attaques à Paris auraient été inspirées par Al-Qaïda, mais elles n'auraient pas été supervisées directement par l'organisation terroriste, selon des responsables des services de renseignement américain et français. Or, de tels attentats orchestrés localement sont beaucoup plus difficiles à prévenir.

La tuerie contre le journal satirique «Charlie Hebdo» n'aurait pas nécessairement été menée par la branche du Yémen d'Al-Qaïda, même si elle a officiellement revendiqué l'attentat. Cette revendication semble «précipitée» et «opportuniste», selon deux responsables du renseignement qui ont requis l'anonymat — un Français et un Américain.

Les enquêteurs ne sont pas certains non plus qu'Amedy Coulibaly, qui a tué cinq autres personnes dans deux autres incidents, aurait comploté à l'avance avec les frères Chérif et Saïd Kouachi, qui ont abattu 12 personnes dans les locaux parisiens de «Charlie Hebdo».

Selon ces informations, les hommes radicalisés auraient donc posé leurs gestes individuellement, ce qui complique le travail des enquêteurs qui tentent d'agir à la source — soit dans les groupes extrémistes.

Plusieurs attentats ont été perpétrés aux États-Unis et en Europe avec des liens plus ou moins clairs avec des organisations telles que le groupe armé État islamique et Al-Qaïda. Pour les explosions à Boston, en 2013, les attentats de Madrid en 2004 et la fusillade au Parlement d'Ottawa, en octobre dernier, les enquêteurs n'ont pas découvert une intervention claire des groupes extrémistes outre-mer.

Ces complots, menés de l'intérieur discrètement, sont beaucoup plus complexes que les attaques du 11 septembre, par exemple. Ces «loups solitaires» sont beaucoup plus difficiles à détecter, selon un responsable du renseignement.

Aux États-Unis, le Bureau fédéral d'enquête (FBI) n'était pas au courant qu'un homme originaire de la Floride, surnommé Abusalha, s'était radicalisé, avant qu'il ne se lance dans une attaque suicide en Syrie, en mai dernier.

«Ce sont des individus qui sont inspirés par l'idéologie, mais qui ne sont pas liés directement à un groupe spécifique (...) Pour nos outils traditionnels anti-terroristes, ils sont difficiles à déceler», a expliqué John Cohen, un ancien responsable des opérations anti-terroristes au département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

Les autorités françaises avaient à l'oeil les deux auteurs de l'attaque contre «Charlie Hebdo», en France, mais ils n'étaient pas perçus comme des menaces significatives. Plus de 1000 Français ont quitté leur pays pour aller se battre aux côtés des organisations extrémistes en Syrie et plusieurs sont revenus, depuis.

Selon un ancien responsable du FBI, le cas des assaillants français est typique. «Ils vont là-bas et se font endoctriner; ils vont apprendre, s'entraîner. Mais ce sont eux qui choisissent le lieu et le moment», a affirmé Don Borelli.

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