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Ottawa dénonce pour la première fois la sentence corporelle du blogueur saoudien

14/01/2015 07:30 EST | Actualisé 16/03/2015 05:12 EDT

OTTAWA - Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a dénoncé publiquement le châtiment corporel infligé à un blogueur saoudien et appelé les autorités de l'Arabie saoudite à faire preuve de clémence.

Dans une déclaration, le ministre s'est positionné pour la première fois sur la cause de Raif Badawi, condamné en mai dernier à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir critiqué les chefs religieux de l'Arabie saoudite sur son blogue.

Il a reçu ses 50 premiers coups de fouet vendredi dernier. Il devrait en recevoir 50 par semaine pour les 19 prochaines semaines.

Dans sa déclaration, le ministre Baird dit que le Canada est «profondément inquiet» du châtiment public infligé à Raif Badawi, le qualifiant de «violation de la dignité humaine et de la liberté d'expression».

M. Baird dit avoir fait des visites de représentation à l'ambassadeur de l'Arabie saoudite à Ottawa, alors que l'ambassadeur canadien à Riyad y a rencontré le chef de la commission des droits de la personne, et cherche à obtenir un entretien avec le gouvernement saoudien.

John Baird se rend présentement en Égypte, où il cherchera à obtenir la libération du journaliste canado-égyptien Mohamed Fahmy.

Le porte-parole libéral en matière d'Affaires étrangères, Marc Garneau, a affirmé qu'il félicitait le ministre pour ses efforts pour Mohamed Fahmy, ajoutant qu'il voulait voir les mêmes efforts déployés pour Raif Badawi.

M. Garneau et son homologue néodémocrate, Paul Dewar, ont tous deux noté à quel point le gouvernement avait défendu la liberté d'expression la semaine dernière, après les attaques de Charlie Hebdo à Paris, et affirmé que le cas du blogueur saoudien provenait de la même cause.

M. Dewar a également signalé que M. Baird était en Arabie saoudite en octobre dernier, et qu'il n'avait pas dénoncé publiquement cette sentence.

M. Badawi n'est pas un citoyen canadien, mais sa femme, Ensaf Haidar, et leurs deux filles ont fui le pays en avril 2012 et se sont établies à Sherbrooke en novembre 2013. Mardi à Montréal, Mme Haidar a affirmé que l'Arabie saoudite agissait encore comme au Moyen-Âge.

Le ministre du Développement international, Christian Paradis, a réagi en disant que le fait que son mari n'avait pas la citoyenneté canadienne compliquait les choses, mais que le gouvernement continuerait de mettre toute la pression que ses moyens le permettent.

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