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Malgré la controverse, le ministre Barrette défend ses deux projets de loi

14/01/2015 02:50 EST | Actualisé 16/03/2015 05:12 EDT

QUÉBEC - Malgré la controverse qu'ils suscitent, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, entend bien faire adopter au plus tôt les deux projets de loi censés transformer le réseau de la santé et la pratique médicale, le projet de loi 10 et le projet de loi 20 déposés l'automne dernier.

Son projet de loi 10 vise à transformer les structures du réseau et sa gouvernance, en abolissant notamment les agences régionales, tandis que le projet de loi 20 veut forcer les médecins à prendre davantage de patients.

Il n'est pas question de reculer, a dit en substance le ministre Barrette mercredi, en point de presse, faisant fi du mécontentement des médecins et de l'opposition en Chambre du Parti québécois.

Pendant que le nombre de médecins augmente au Québec, les services à la population diminuent, a constaté M. Barrette, en ajoutant que cette situation ne pouvait plus durer.

Le ministre réagissait à une campagne publicitaire diffusée présentement dans les médias et orchestrée par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui soutiennent que les délais d'attente en chirurgie sont attribuables à l'entêtement du ministre à imposer ses vues et non à leur manque de disponibilité.

«On ne peut pas continuer à vivre dans une société où le nombre de médecins augmente et les services diminuent, sans rien faire», a plaidé le ministre en réplique à la campagne des médecins spécialistes.

«Ça ne prend pas un Ph.D. en économie, en santé ou en quoi que ce soit pour tirer la bonne conclusion», a-t-il ajouté, en faisant valoir qu'il avait la responsabilité de fournir les services de santé à la population, et donc de forcer la main aux médecins, si nécessaire, pour qu'ils soient plus accessibles.

Dans la publicité des médecins spécialistes, le narrateur cite le cas hypothétique suivant: «Richard devait se faire opérer ce matin. Il n'y a plus de lits aux soins intensifs. L'opération a été annulée». Puis, le narrateur ajoute à l'intention du ministre: «J'étais disponible. À qui la faute? À tout vouloir réécrire, M. Barrette, vous effacez l'essentiel.»

Le ministre de la Santé a aussi dénoncé ce qu'il a qualifié d'obstruction systématique manifestée par l'opposition péquiste relativement à son projet de loi 10, qui en est rendu à l'étude article par article en commission parlementaire. Il n'a pas exclu d'avoir recours au bâillon pour en forcer l'adoption.

Bloquer le projet loi 10, «cela s'appelle de l'obstruction systématisée», selon lui, et c'est «parlementairement irresponsable» de la part de l'opposition officielle.

«C'est un peu rire du monde», prétend le ministre, qui visiblement s'impatiente face aux élus péquistes.

Questionné à savoir s'il était prêt à forcer l'adoption de son projet de loi, ce que peut faire le gouvernement puisqu'il est majoritaire, le ministre a répondu: «On verra, si ça continue».

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