POLITIQUE

Bataille entre Gaétan Barrette et les médecins du Québec autour des heures travaillées

14/01/2015 03:17 EST | Actualisé 14/01/2015 05:31 EST
SRC

Les médecins du Québec travaillent-ils assez, oui ou non? Ce débat a repris de plus belle mercredi, opposant le ministre de la Santé Gaétan Barrette et les fédérations des médecins spécialistes et des omnipraticiens, avec le lancement d'une campagne publicitaire soutenant, données à l'appui, que les docteurs ne sont pas des fainéants.

Le ministre de la Santé estime que les médecins devraient plutôt s'en remettre aux chiffres de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), des données « solides et dures ».

« Les deux fédérations font référence à des sondages canadiens auxquels les deux fédérations ont demandé il y a quelques années de répondre de façon plus positive parce que les réponses spontanées qui étaient faites et qui montraient la réalité étaient défavorables », a expliqué le ministre Barrette.

Mais s'il estime que les médecins embellissent la réalité lorsqu'ils répondent à des sondages sur le nombre d'heures travaillées, il ne juge pas qu'ils mentent pour autant : ils répondent de manière « enthousiaste ».

Le ministre affirme même que du temps où il était président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), il avait lui-même recommandé à ses membres d'agir ainsi.

Une offensive menée dans les médias

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a lancé une campagne dans les journaux mercredi. La FMSQ, elle, a répliqué à Gaétan Barrette par le truchement de la télévision depuis mardi.

Quant aux médecins de famille, ils affirment que le ministre Barrette manipule les statistiques et minimise leur charge de travail dans le but de justifier « son projet de loi 20 ». Ce projet de loi est destiné à favoriser l'accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée.

Les médecins de famille disent qu'ils travaillent en moyenne de 45 à 50 heures par semaine, 45 semaines par année.

Mais le ministre Barrette demeure inébranlable :

« Nos chiffres sont ce qu'ils sont et s'ils veulent construire un nouveau raisonnement et faire dire aux chiffres autre chose, ils peuvent bien le faire. [...] Il y a une problématique au Québec : le nombre de médecins n'arrête pas d'augmenter et, depuis cinq ans, le nombre de médecins en pratique est un nombre record. Et, depuis dix ans, année après année, le nombre de services diminue. »

— Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette

Dans ce contexte, affirme Gaétan Barrette, le rôle de l'État est de prendre des décisions pour que les services soient donnés, et c'est dans cette optique que le projet de loi 20 a été déposé.

Pour sa part, la FMSQ mène sa campagne contre le projet de loi 20 de manière un peu différente de celle des omnipraticiens : elle met en lumière les difficultés auxquelles se heurtent les spécialistes et leurs patients en raison du manque de lits aux soins intensifs et de la pénurie de personnel spécialisé entre autres, ce qui entraîne des retards en bloc opératoire, par exemple.

La FMSQ appelle même les Québécois à lui faire part de leur expérience.

La FMSQ affirme qu'au lieu d'agir, le ministre de la Santé « multiplie le dépôt de projets de lois visant à réviser unilatéralement le fonctionnement du système de santé ».

Rappelons qu'en septembre dernier, Québec avait arraché une entente aux deux fédérations de médecins pour étaler sur huit ans des hausses salariales consenties aux médecins omnipraticiens et spécialistes. Le tout s'inscrit dans l'objectif de parvenir à l'équilibre budgétaire.

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