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Les premières victimes des attentats de Paris inhumées

13/01/2015 05:43 EST | Actualisé 13/01/2015 10:24 EST

Les premières victimes des attentats de Paris sont inhumées mardi en Israël et en France, à la veille d'une édition "des survivants" de Charlie Hebdo, qui porte à sa Une le prophète Mahomet en pleurs, barrée du titre "Tout est pardonné".

Après le retentissement mondial des manifestations monstres de dimanche dans toute la France, l'unité du pays, ressoudé par les attaques, passe son premier test au Parlement, où le gouvernement doit dévoiler ses pistes pour répondre à la menace terroriste.

Les attentats de la capitale française, qui ont fait 17 morts (sans compter les trois jihadistes) et une vingtaine de blessés, sont les pires en Europe depuis ceux de Londres (56 morts) en juillet 2005 et de Madrid (191 morts) en mars 2004.

Les dépouilles des quatre juifs français tués vendredi dans l'attaque d'un supermarché casher doivent être portées en terre à la mi-journée mardi à Jérusalem, en présence du premier ministre Benjamin Netanyahu et des principaux dirigeants israéliens. La France y sera représentée par sa ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, ex-compagne du président François Hollande.

Yohav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada, tous abattus par le jihadiste Amédy Coulibaly, reposeront dans l'immense cimetière du Har Hamenouhot (Mont du Repos), la plus grande nécropole de la ville.

C'est là qu'avaient déjà été inhumés en 2012 trois enfants et un enseignant juifs tués en France par un autre jihadiste, Mohamed Merah. Trois ans après, la prise d'otages du supermarché casher de Paris a renforcé en Israël le sentiment d'une France devenue terre hostile, incapable de protéger sa communauté juive, la troisième au monde après l'Etat hébreu et les Etats-Unis.

'Tout est pardonné'

Un autre enterrement douloureux et hautement symbolique doit avoir lieu en début d'après-midi près de Paris: celui d'Ahmed Merabet, policier français musulman, victime des frères Saïd et Chérif Kouachi, les deux jihadistes tueurs de Charlie Hebdo.

Son exécution à bout portant en pleine rue, alors qu'il était blessé à terre, a été filmée et sa diffusion sur internet a suscité une énorme émotion. Il sera inhumé au cimetière musulman de Bobigny, banlieue populaire au nord-est de Paris.

Agé de 40 ans, Ahmed Merabet s'apprêtait à passer officier. Il est l'un des trois policiers, dont une jeune femme, à être tombé sous les balles des jihadistes la semaine dernière.

François Hollande a salué leur engagement collectif lors d'une cérémonie à leur mémoire à la préfecture de police de Paris, avant un hommage national à toutes les victimes des attentats, évoqué un temps pour vendredi mais qui devrait finalement se tenir la semaine prochaine.

Une semaine après l'attaque qui a décimé sa rédaction, le journal Charlie Hebdo s'apprête à sortir mercredi une édition "des survivants" au tirage exceptionnel de trois millions d'exemplaires, qui caricaturera de nouveau Mahomet.

A sa Une, le prophète est croqué vêtu de blanc, sous le titre 'Tout est pardonné". Larme à l'oeil, il tient la même pancarte "Je suis Charlie" que celle brandie par les près de 4 millions de manifestants descendus dimanche dans les rues de France pour défendre la liberté d'expression et rendre hommage aux victimes des attentats.

Deux jours après la plus grande mobilisation populaire jamais recensée en France, la classe politique met à l'épreuve à l'Assemblée nationale mardi sa volonté affichée de préserver la spectaculaire unité retrouvée du pays depuis les attaques. Le premier ministre socialiste Manuel Valls doit prononcer devant les députés un important discours sur la "réponse exceptionnelle" à apporter au terrorisme.

Pour rassurer la population et parer de façon immédiate à la menace de nouveaux attentats, le gouvernement français a décrété lundi la mobilisation de près de 15.000 policiers et militaires. Mission: protéger tous les "lieux sensibles du territoire", avec une sécurisation particulière des 717 écoles et lieux de culte juifs du pays. La communauté musulmane, inquiète elle aussi d'une recrudescence d'actes islamophobes, a réclamé une protection renforcée des mosquées.

Manuel Valls, premier à reconnaître "des failles dans la sécurité du pays" après les attentats, a appelé lundi à "préserver l'esprit du 11 janvier" et mis en garde, dans le débat sécuritaire, contre la tentation de mesures d'exception sur le modèle du Patriot Act.

Cette législation, votée en urgence aux Etats-Unis dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, a été durement critiquée ensuite pour ses atteintes aux libertés civiques.

'Réponses fortes'

Le premier ministre français a défendu en revanche des mesures de renforcement des possibilités d'écoutes dans les enquêtes antiterroristes et l'isolement carcéral pour les détenus islamistes radicaux, afin de prévenir le prosélytisme.

Deux des jihadistes des attentats de Paris, Amédy Coulibaly et Chérif Kouachi, avaient basculé dans l'islamisme radical lors de séjours en prison.

Tout en soutenant jusqu'à présent l'action des socialistes au pouvoir, l'opposition de droite, dirigée par l'ancien président Nicolas Sarkozy, réclame des "réponses fortes" contre "la terreur islamiste".

Avant de semer la terreur à Paris, Chérif Kouachi a participé il y a plusieurs années à une filière de recrutement pour l'Irak. Amédy Coulibaly a revendiqué de son côté une affiliation au groupe Etat islamique, contre la France est engagé militairement en Irak.

Alors que la "traque" d'éventuels complices des auteurs des attentats se poursuit, la justice bulgare a révélé mardi qu'un Français arrêté le 1er janvier à la frontière avec la Turquie était soupçonné de liens avec Chérif Kouachi.

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