POLITIQUE

Québec: Les syndicats dénoncent le recours aux consultants en gestion

13/01/2015 05:24 EST | Actualisé 13/01/2015 05:34 EST
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QUÉBEC - Le gouvernement Couillard contourne sa propre haute fonction publique en ayant recours à des consultants externes pour mettre en place ses compressions dans l'appareil étatique.

C'est ce qu'affirme Richard Perron, président du Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ). «Les hauts fonctionnaires, comme les sous-ministres, ne sont pas contents du tout. Ils ne peuvent pas le dire sur la place publique, mais ils savent très bien qu'on est en train de couper dans l'os», dit-il.

Richard Perron réagissait aux récents articles qui ont fait état de l'embauche de consultants externes pour venir en aide aux fonctionnaires.

Trois consultants ont été embauchés pour mettre en place les recommandations du rapport Demers sur la révision de la formation collégiale, rapportait Le Huffington Post Québec en début de semaine. Coût de leur embauche: 300 000$.

Le phénomène de la sous-traitance était déjà connu dans le domaine de l'informatique, mais Richard Perron observe une «hausse fulgurante» du recours aux consultants externes dans la gestion de l'État depuis quelques années.

Il cite l'exemple de Jean-François Garneau. Conseiller de Philippe Couillard lors de la course à la direction du PLQ, il a conclu un contrat de gré à gré d'une valeur de 55 000$ pour identifier les compressions à apporter au ministère de la Culture, rapporte le Journal de Québec. «Il n'a aucune compétence, aucune expérience de travail préalable en culture, dit Richard Perron. C'est un militant libéral.»

À cela s'ajoutent les deux contrats conclus avec l'ex-secrétaire général André Dicaire pour un montant total de 124 500$ afin d'épauler l'actuel secrétaire général et greffier du Conseil exécutif, Juan Roberto Iglesias.

C'est sans compter la commission Robillard, mise sur pied pour revoir les programmes gouvernementaux, et la commission Gobdout, chargée de réviser la fiscalité du Québec. Toutes deux sont composées de membres issus du privé.

«C'est insultant!»

Le recours aux sous-traitants mine l'indépendance de la fonction publique, croit le président du SPGQ. «Leur but est d'obtenir un prochain contrat, dit-il. Alors, ils ont intérêt à aller dans le sens du gouvernement.» Il souligne que les fonctionnaires bénéficient de la sécurité d'emploi afin d'être protégés de l'influence politique.

«C'est carrément insultant, lance la présidente du SFPQ, Lucie Martineau. Les politiciens se font élire en dénigrant la fonction publique et ensuite ils vont en sous-traitance avec leurs amis.» Elle rappelle que le gouvernement Couillard a décrété un gel d'embauches à son arrivée. «Ils contournent leur propre gel d'embauches», lance-t-elle.

Lucie Martineau dénonce également la rémunération élevée consentie à ces consultants en pleine période d'austérité.«On les paie parfois le double des employés de l'État», dit-elle.

La présidente du SFPQ, qui représente 27 000 techniciens et employés de bureau, note elle aussi une hausse de la sous-traitance de la gestion, après les travaux routiers et l'informatique ces dernières années. «On a vu à la commission Charbonneau que la privatisation des services d'ingénierie a mené à une perte d'expertise au sein du ministère», note-t-elle.

Le Parti québécois a aussi dénoncé mardi l'embauche croissante de consultants, citant les cas de Nicole Rouillier et Jean-François Garneau. «Les contrats doivent être annulés. Est-ce qu’on tente de faire croire à la population que le Conseil du trésor et les ministères concernés n’ont pas l’expertise pour faire le travail?, a fait savoir dans un communiqué le critique péquiste du Conseil du trésor, Alain Therrien. Martin Coiteux doit dire aux Québécois pourquoi l’austérité ne s’applique pas aux proches du PLQ.»

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