POLITIQUE

Le PLQ s'ingère dans les activités de la Caisse de dépôt, déplore l'opposition péquiste (VIDÉO)

13/01/2015 04:35 EST | Actualisé 13/01/2015 04:43 EST

En panique, le gouvernement libéral s'ingère dans les activités de la Caisse de dépôt au détriment des épargnants, pense l'opposition péquiste.

Le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, a exprimé mardi sa "vive inquiétude" à la suite de la décision du gouvernement de confier à la Caisse de dépôt et placement la prise en charge de certains grands projets d'infrastructure.

"Ils avaient promis 15 milliards $ pour les infrastructures, ils sont incapables de livrer et ils se servent de la Caisse sans consulter personne", a dénoncé le leader du PQ, accusant le gouvernement Couillard "d'avoir les deux mains plongées" dans le Caisse et de refiler "aux épargnants" les risques financiers.

"Les épargnants ont raison d'être inquiets et ne sont pas les seuls, ça va impacter le gouvernement. Si la Caisse ne fait pas de rendement, tout le monde est touché, on le sait maintenant avec le projet de loi 3 (sur le renflouement des régimes de retraite)", a-t-il fait valoir pour illustrer son propos.

La Caisse de dépôt a déjà indiqué qu'elle avait deux projets dans le collimateur: le système léger sur rail du futur pont Champlain et le train de banlieue visant à desservir l'ouest de Montréal _ une promesse électorale des libéraux. L'institution espère compléter d'ici 2020 ces chantiers évalués à 5 milliards $.

Or, selon le chef péquiste, ces annonces sont prématurées dans le contexte économique actuel et l'évaluation des coûts est suspecte.

"Quelle est l'urgence d'annoncer ces projets-là actuellement? C'est strictement parce que le gouvernement n'a pas de plan économique et tente de compenser avec des infrastructures, a-t-il soutenu. On est rendu dans des projets qu'on évalue 'au pif' à 5 milliards $. Pourquoi pas 6, 7 ou 8 milliards? Et on dit que la Caisse va y aller et que ça va être payant? Ça manque de sérieux."

Pour le député de Chicoutimi, les libéraux ont tellement "loadé" la carte de crédit collective qu'ils en sont réduits à se tourner vers la Caisse de dépôt "pour se surendetter".

"Ça va provoquer un surendettement des Québécois à terme, c'est certain. On est dans le surendettement, c'est une façon, un 'scheme', pour contourner les agences de notation", a-t-il dit.

Des modifications législatives seront requises pour mettre en oeuvre "l'entente commerciale" liant le gouvernement à la Caisse de dépôt, entre autres pour permettre à l'institution d'être l'actionnaire de contrôle des infrastructures sous sa responsabilité.

L'opposition étudiera les propositions en commission parlementaire mais l'affaire ne "passera pas comme une lettre à la poste", a indiqué M. Bédard.

"Il n'y a rien de ce que j'ai vu, entendu ou lu qui suscite l'enthousiasme. On va prendre ça à tête reposée et avant d'impliquer tous les épargnants du Québec, on va y penser deux fois", a-t-il déclaré.

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