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Le pape entame sa tournée en Asie avec une visite au Sri Lanka

13/01/2015 08:49 EST | Actualisé 15/03/2015 05:12 EDT

COLOMBO, Sri Lanka - Le pape François a entamé une tournée asiatique d'une semaine, mardi au Sri Lanka, avec un appel à la réconciliation.

Il a notamment déclaré les cicatrices laissées dans ce pays par près de 25 ans de guerre civile ethnique ne guériront que si on poursuit la vérité concernant les crimes qui ont été commis.

Le pape a toutefois eu droit à une démonstration d'unité dès son arrivée. Il a été accueilli à l'aéroport par des danseurs traditionnels et des musiciens provenant autant de la majorité sinhalaise que des groupes ethniques tamouls minoritaires. Une chorale d'enfants a entonné des chants dans les deux langues du Sri Lanka, ainsi qu'en italien et en anglais.

Avec derrière lui 40 éléphants aux costumes multicolores, le pape a déclaré que l'atteinte d'une paix durable après autant de sang versé passera nécessairement par la réconciliation, la solidarité et la paix.

«J'espère que la coopération interreligieuse et œcuménique prouvera que les hommes et les femmes n'ont pas à renier leur identité, qu'elle soit religieuse ou ethnique, pour vivre en harmonie avec leurs frères et soeurs», a-t-il affirmé, devant la foule.

Quelque 70 pour cent des Srilankais sont bouddhistes et 13 pour cent sont hindouistes. Moins de 7 pour cent de la population de plus de 20 millions d'habitants est de confession catholique.

Le pape n'a pas spécifiquement évoqué le refus du Sri Lanka de collaborer avec une enquête de l'ONU sur des crimes de guerre qui auraient été commis pendant les derniers mois du conflit, mais il a déclaré que la poursuite de la vérité est essentielle à la promotion de la justice, de la guérison et de l'unité.

Des rebelles tamouls ont combattu pendant 25 ans pour la création d'une patrie tamoule indépendante. L'ONU estime que ce conflit a fait entre 80 000 et 100 000 morts, mais d'autres évoquent un bilan beaucoup plus élevé.

Le nouveau président sri-lankais Maithripala Sirisena a promis d'ouvrir une enquête sur les crimes commis pendant la guerre, mais il s'est aussi engagé à protéger du droit international tous ceux qui ont contribué à écraser les rebelles tamouls.

Lors d'une cérémonie d'accueil à l'aéroport, M. Sirisena a affirmé que son gouvernement ferait la promotion de la paix et de l'amitié auprès de son peuple, qui a subi un «conflit terroriste cruel».

«Nous croyons à la tolérance religieuse et à la coexistence entre les peuples», a-t-il affirmé lors d'une allocution pour souhaiter la bienvenue au souverain pontife.

Des milliers de personnes s'étaient massées le long du parcours de 28 kilomètres qu'empruntait le pape depuis l'aéroport dans sa papamobile. Selon le Vatican, au moins 200 000 personnes s'étaient déplacées pour le saluer.

«C'est comme si Jésus Christ lui-même venait au Sri Lanka», a lancé un de ses admirateurs, Ranjit Solis.

Le bain de foule du pape a été si long — près de deux heures— qu'il a dû annuler une rencontre prévue avec des évêques du pays. Il était aussi visiblement fatigué de sa journée, après un vol de dix heures et une longue cérémonie à l'aéroport.

«La santé du pape est bonne. Il était seulement fatigué après avoir parcouru 28 kilomètres sous le soleil, mais il a encore ses forces», a assuré le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.

Après s'être reposé, le souverain pontife a eu une rencontre privée avec le président, avant de s'entretenir avec des moines bouddhistes et d'autres dirigeants religieux. Il a même vêtu un foulard de safran, un signe d'honneur tamoul.

Mercredi, le pape canonisera le premier saint du Sri Lanka, le père Joseph Vaz, un missionnaire du 17e siècle originaire de l'Inde qui avait converti des calvinistes.

Il se rendra jeudi aux Philippines, pays qui abrite le plus grand nombre de catholiques en Asie.

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