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Île de Pâques: une avancée pour résoudre l'énigme de la disparition des autochtones

13/01/2015 10:47 EST | Actualisé 13/01/2015 10:47 EST
tbarrat via Getty Images

Découverte en 1722 par le navigateur hollandais Jakob Roggeveen, l'île de Pâques fascine. Avec ses 2000 statues (les Moaï), ses lacs et cratères volcaniques, son écriture unique, ce petit lopin de terre de 166km² au large des côtes chiliennes intrigue les anthropologues.

Et pour cause, on ne sait toujours pas vraiment comment sa population native a disparu à la fin du 19e siècle. Guerre tribales ou cannibalisme? Épidémies? Manque de ressources? Les hypothèses sont nombreuses. Selon une étude publiée le 5 janvier dans Proceedings of the National Academy of Sciences, le déclin de la population aurait commencé bien avant 1722, à cause des conditions environnementales difficiles.

Cannibalisme ou épidémies?

L'hypothèse de guerres et du cannibalisme est peu probable, car des "os humains rongés, sucés, raclés", n'ont pas été trouvés, rapportait dans un article du Monde Terry Hunt, professeur en anthropologie à l'université de Hawaï.

Nos confrères du Huffington Post américain mettaient eux en avant deux autres hypothèses depuis réfutées:

On peut ajouter au moins une quatrième hypothèse, selon laquelle les autochtones ont dû tronçonner tous leurs arbres pour transporter les grandes statues.

"Les résultats de nos recherches sont assez surprenants", explique au HuffPost US Thegn Ladefoged, professeur d'anthropologie à l'Université d'Auckland en Nouvelle-Zélande. "Pour faire bref, nos recherches ne soutiennent pas l'idée selon laquelle l'effondrement de la société s'est passé avant l'arrivée des Européens à cause de l'érosion physique et d'une moindre productivité (et donc d'un manque de ressources, NDLR), mais elles indiquent que la façon dont la population s'occupait de ses terres a changé et ce, avant l'arrivée des Européens".

Déclin des conditions environnementales

En d'autres termes, que les deux hypothèses évoquées plus haut sont invalides. Pour le démontrer, les chercheurs ont analysé et daté 428 outils en obsidienne (une roche volcanique), ainsi que des morceaux d'obsidienne, de différents sites archéologiques de l'île. Ils ont pu déterminer quand et comment les autochtones ont fait usage de ses sols et de ses ressources naturelles.

Ils ont ainsi découvert que l'utilisation variait selon les endroits de l'île, reflétant davantage des contraintes environnementales qu'un abus des ressources de l'île jusqu'à leur épuisement. Des précipitations trop variables et un déclin de la qualité des sols sont des possibilités mises en avant par les chercheurs. Les maladies européennes n'ont peut-être donc pas ravagé les autochtones.

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