DIVERTISSEMENT

«Les beaux malaises» à TVA: encore plus grinçant!

13/01/2015 10:11 EST
Courtoisie

Oh, que Martin Matte et François Avard étaient inspirés pendant l’écriture de la deuxième saison des Beaux malaises! Celle-ci prendra son élan mercredi, à 21h, à TVA.

À en juger par les trois premiers épisodes, présentés aux journalistes lundi, le ton est encore plus décapant et mordant qu’il ne l’était l’an dernier. Et encore plus amusant, aussi. C’est drôle, c’est émouvant, ça grince fort une minute, c’est bon enfant la minute suivante, mais ce n’est jamais gratuit et ça fait souvent réfléchir. En somme, on se gave ici d’un humour intelligent, sans trop de limites d’âge (mis à part quelques gags osés que les jeunes enfants ne comprendront peut-être pas).

«On dépasse un peu la limite, cette année», a admis Francis Leclerc, réalisateur des Beaux malaises, lorsqu’invité à déterminer si cette deuxième mouture est plus audacieuse que la précédente.

Martin Matte, lui, est catégorique : «Rire jaune, rire noir, rire gras, c’est rire! Quand c’est bien fait…» À preuve, notre homme a avoué qu’il ne se gênerait pas pour aborder le sujet des caricatures de Mahomet et des tragiques événements au Charlie Hebdo s’il avait un angle efficace en tête pour le faire. Martin Matte a mentionné avoir été moins frileux que la première fois, en imaginant les situations de ce second cycle.

Avec un aussi bon produit entre les mains, fort de ses cotes d’écoute de près de deux millions de téléspectateurs l’an dernier, pas étonnant que TVA aie déjà commandé une troisième saison, présentement en écriture, et il y a fort à parier que la razzia entamée aux Gémeaux 2014 (Les beaux malaises avait raflé six trophées pour les textes, la réalisation, le jeu de Martin Matte, Julie LeBreton et Patrice Robitaille et la Meilleure comédie) s’étendra à la cérémonie de 2015. On ne se surprend pas non plus que des discussions soient actuellement en cours avec la France en vue d’une adaptation.

Scandale et pauvreté

L’édition du 21 janvier, la deuxième de l’hiver, titrée Les Pauves, vous crispera peut-être le visage à deux ou trois reprises, mais s’avère percutante, sensible et pertinente, comme l’étaient jadis les défunts Bougon. On a d’ailleurs l’impression que François Avard, «père» des Bougon,s’est fait plaisir en s’offrant un petit voyage dans le temps en rédigeant les textes de cet épisode. On y vogue constamment entre le rire et la désolation.

Invité à l’anniversaire d’une amie de sa fille, une enfant mal élevée qui grandit dans un milieu défavorisé, Martin devra s’abstenir de tout jugement et éviter de prendre ses jambes à son cou, même s’il n’y a pas grand-chose de ragoûtant dans le fouillis indescriptible de cette maison malpropre. La maman de la petite Océane s’exprime comme un charretier, fume comme une cheminée, est une adepte de Pimp mon char, laisse à ses chiens le soin de «laver» la vaisselle, traite Martin de «tapette» parce qu’il ne veut pas boire de bière, laisse les poux et les punaises de lit dresser leur royaume en ses murs («Ça part jamais, un moment donné, faut lâcher prise», justifie-t-elle), sa fille fait de la danse poteau, et attendez de savoir comment a été conçu son petit dernier (à la couche constamment pleine, évidemment). Joanie Martel, la comédienne qui interprète cette femme prisonnière de sa misère, est excellente et juste assez exubérante pour rendre justice au personnage. Une très belle découverte.

Cette semaine, nos Beaux malaises démarreront toutefois sur une note plus légère, avec la présence d’un hilarant Robert Lepage dans la peau de Kirou, un peintre snob, dont la plus récente référence en humour remonte à Molière. Vexé de se faire traiter de «petit comique» par l’artiste dont les toiles se vendent 24 000$ chacune, Martin saisira rapidement l’occasion de l’humilier à son tour et se lancera ensuite dans une quête de vérité un peu excessive, appuyé par son psychologue (Alexis Martin) et par les énormités toujours incroyables balancées par son vieux complice Patrick (Patrice Robitaille).

Puis, dans l’épisode nommé Scandale, une vidéo de Martin Matte où on le voit chanter une chanson à sa progéniture avec un accent fera le tour du web et se transformera rapidement en tempête médiatique. Clairement, Martin Matte et François Avard ont voulu se payer un peu la tête de leurs collègues journalistes et chroniqueurs avec cette parodie : lignes ouvertes, vox-pop télévisé, talk-show à la Denis Lévesque avec Mike Ward et le «commentateur multiplateformes» Richard «Marineau», tous les clichés de ce genre «d’affaire» y sont.

Outre Robert Lepage et Mike Ward, quelques personnalités effectueront prochainement une apparition dans Les beaux malaises; entre autres, Dan Bigras et Christian Bégin joueront leur propre rôle sous le thème de la notoriété, et Ghislain Taschereau personnifiera un réparateur de lave-vaisselle le 4 février, alors que Martin s’attaquera à la sauvegarde de la langue française. On verra aussi un passage de l’ancien comédien Martin Larocque (Virginie), maintenant devenu auteur et conférencier à temps plein.

Les beaux malaises, mercredi, à 21h, à TVA, dès le 14 janvier. Pour du contenu web exclusif, consultez le site internet.

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