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Banque du Canada: la faiblesse du cours du pétrole menace la reprise économique

13/01/2015 02:27 EST | Actualisé 15/03/2015 05:12 EDT

OTTAWA - La faiblesse des prix du pétrole et d'autres produits de base pose un risque important à la reprise post-récession de l'économie canadienne, a affirmé mardi le sous-gouverneur de la Banque du Canada, Timothy Lane, devant un auditoire américain.

M. Lane a soutenu qui si la faiblesse des prix du brut persistait, elle découragerait considérablement les investissements dans le secteur pétrolier, qui représentent environ trois pour cent du produit intérieur brut du Canada.

Dans le texte de son discours prononcé devant une association commerciale de Madison, au Wisconsin, le sous-gouverneur a reconnu que les prix du pétrole en recul présentaient des bénéfices, notamment l'augmentation du revenu disponible des consommateurs et la réduction des coûts pour d'autres secteurs, comme celui des fabricants.

Mais M. Lane prédit que les gains seront plus que contrebalancés par les pertes et fait valoir que la baisse des revenus dans le secteur pétrolier et la chaîne d’approvisionnement «se diffusera par contagion» au reste de l’économie.

«Malgré les facteurs atténuants déjà évoqués, les bas prix du pétrole risquent, dans l’ensemble, d’être néfastes pour le Canada», soutient le sous-gouverneur.

Le mois dernier, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a estimé que la faiblesse des cours du pétrole pourrait retrancher 0,3 point de pourcentage au rythme de la croissance économique.

Dans sa mise à jour automnale, le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, a prévenu que les prix plus bas du pétrole risquaient de réduire de 500 millions $ les revenus du gouvernement en 2014, et de 2,5 milliards $ par année entre 2015 et 2019.

Depuis les évaluations livrées par MM. Poloz et Oliver, le prix du baril de pétrole a dégringolé encore davantage.

Par ailleurs, la Banque TD a publié un rapport, mardi, qui prédit que la faiblesse des cours du pétrole pourrait transformer le surplus attendu par le gouvernement fédéral en 2015-2016 en déficit. La TD anticipe un déficit de 2,3 milliards $ pour le prochain exercice financier, plutôt que le surplus de 1,6 milliard $ prédit par le gouvernement en novembre.

Selon l'institution financière, la projection du gouvernement fédéral d'un surplus de 4,3 milliards $ pour 2016-2017 est en voie de se transformer en un déficit de 600 millions $, à moins que de nouvelles mesures génératrices de revenus ou de réduction des coûts ne soient mises en place.

Néanmoins, les évaluations de déficit sont moindres que le fonds de prévoyance de 3 milliards $ du gouvernement fédéral — ce qui pourrait aider Ottawa à demeurer en situation de surplus.

Les sombres perspectives du sous-gouverneur Timothy Lane renforcent les opinions des observateurs qui prédisent que la banque centrale maintiendra son taux d'intérêt directeur à son niveau actuel pendant encore un certain temps. Celui-ci est gelé à un pour cent depuis plus de quatre ans.

Le sous-gouverneur a aussi affirmé que la banque centrale surveillerait étroitement les retombées négatives «immédiates et transitoires» sur l’inflation, de même que les répercussions d’ensemble de ce repli des cours du pétrole sur la croissance et le retard avec lequel l’économie canadienne pourrait retrouver son plein potentiel.

«Nous poursuivrons notre travail pour favoriser le retour de l’économie canadienne à son potentiel et ramener l’inflation à la cible de deux pour cent de façon durable», a fait valoir M. Lane.

«Quelle que soit la suite des choses, nous disposons des outils pour intervenir comme il se doit», a-t-il ajouté.

M. Lane a indiqué que la Banque du Canada livrerait ses perspectives complètes au sujet de l'impact de la faiblesse des cours du pétrole sur les économies canadienne et mondiale lors de la publication de son rapport sur la politique monétaire, la semaine prochaine.

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