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Frédéric Dion rentre au pays après sa traversée de l'Antarctique en solo

12/01/2015 04:40 EST | Actualisé 14/03/2015 05:12 EDT
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MONTRÉAL - L'aventurier québécois Frédéric Dion est rentré au pays, lundi, après une spectaculaire odyssée qui en a fait le premier à se rendre au Pôle Sud d'inaccessibilité en solo, au Pôle Sud géographique et d'un bout à l'autre de l'Antarctique.

En tout, le Québécois de 37 ans a fracassé sept records durant son voyage de 54 jours au cours desquels il a parcouru près de 4400 kilomètres par des froids dépassant parfois les moins 50 degrés Celsius.

Accueilli en héros par sa conjointe et ses deux filles de trois et six ans à son arrivée à l'aéroport Montréal-Trudeau, Frédéric Dion a déclaré que le plus difficile, durant ce périple, avait été de gérer le doute et, surtout, la séparation avec sa famille.

«Faire du cerf-volant pendant 24 heures dans des conditions extrêmes, c'est un défi; j'aime ça. Monter ma tente dans un blizzard, je suis capable, j'ai l'habitude; ça m'amuse. Mais être loin de mes filles et de ma femme, ç'a été vraiment la plus grande difficulté», a-t-il expliqué à sa descente d'avion.

Le fait de se retrouver en solitaire durant autant de temps ne l'effraie pas, puisqu'il en a l'habitude, mais cela n'empêche pas les idées noires de se manifester par moments, a-t-il avoué.

«Je me suis demandé à un moment: est-ce que les gens que j'aime vont être encore en vie quand je vais revenir? Parti longtemps comme ça?»

Il dit avoir réussi à poursuivre l'aventure malgré le doute en utilisant ce qu'il appelle «la pensée unitaire», soit une approche visant à découper chaque étape en petits objectifs plus facilement atteignables.

Il a notamment dû composer avec des bris d'équipement répétés, son traîneau se fracassant à plus d'une reprise alors qu'il filait sur la neige en skis, tiré par un immense cerf-volant gonflé par des vents parfois violents et souvent imprévisibles.

Malgré tout, il a soutenu se sentir moins en sécurité ici que sur le continent le plus hostile de la planète.

«Dans la civilisation, maintenant, je me sens en danger. Le blizzard, le froid, ce sont des univers qui sont là et je peux contrôler ma réaction, ma situation. J'avais un niveau de contrôle très élevé», a-t-il dit.

«Là, je vais prendre ma voiture, je vais aller sur l'autoroute métropolitaine, et je n'ai plus le contrôle. Ma sécurité dépend des aptitudes et des comportements de tous les chauffeurs autour de moi», a expliqué le sympathique jeune homme.

Il prévoit pour l'avenir immédiat et à court terme donner des conférences. Interrogé sur sa prochaine aventure, il a toutefois donné une certaine frousse à sa conjointe: «Je me sentais mal d'arriver ici et de ne pas avoir de projet à annoncer. Je n'en ai pas parlé avec ma femme...», a-t-il laissé tomber, laissant traîner un long silence avec des rires gênés, avant d'enchaîner: «Ma prochaine grande aventure, ça va être plusieurs mois, plusieurs années en fait; je veux être... le meilleur père au monde».

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