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L'équipe de l'année est la formation masculine de hockey du Canada à Sotchi

29/12/2014 08:00 EST | Actualisé 28/02/2015 05:12 EST

TORONTO - Juste avant de mettre fin à sa dernière conférence de presse aux Jeux olympiques de Sotchi, l'entraîneur-chef de l'équipe masculine canadienne de hockey Mike Babcock y est allé d'une dernière déclaration révélatrice sur le parcours de sa formation vers l'or.

«Est-ce que quelqu'un se souvient de celui qui a remporté le championnat des marqueurs? Est-ce que ça intéresse quelqu'un? a demandé Babcock. Est-ce que quelqu'un sait qui a gagné la médaille d'or?»

En y allant d'un parcours parfait lors du tournoi olympique en février dernier, la troupe de Babcock a répondu, et même surpassé les attentes créées par la victoire canadienne aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010.

«L'équipe de 2010 qui a gagné, elle était très, très spéciale et elle faisait face à une pression différente, a récemment raconté Babcock en entrevue. Celle-ci (en 2014) était comme une machine. Elle allait gagner, point final.»

Lors du tour préliminaire, Équipe Canada a écrasé la Norvège et l'Autriche avant de battre la Finlande en prolongation. Elle a ensuite surmonté un effort phénoménal du gardien Kristers Gudlevskis pour battre la Lettonie en quart de finale et a offert des performances sans faute contre les États-Unis et la Suède afin de remporter l'or pour une troisième fois en quatre Jeux olympiques.

Ce fut amplement suffisant pour mériter le titre d'Équipe de l'année 2014 selon La Presse Canadienne, tel que choisi par les directeurs des sports des journaux et stations de radio et télévision. L'équipe canadienne olympique de hockey masculin a dominé le scrutin avec 36 votes, loin devant le duo de bobsleigh féminin composé de Kaillie Humphries et Heather Moyes (10 votes) et l'équipe canadienne de hockey féminin (neuf votes).

Cette équipe ne manquait pas de talent. À l'attaque, il y avait Sidney Crosby, Jonathan Toews, Ryan Getzlaf, Corey Perry et suffisamment de profondeur pour ne pas ralentir malgré la perte de John Tavares, blessé à un genou. À la ligne bleue, Shea Weber et Drew Doughty ont dominé les marqueurs canadiens avec six points chacun.

Équipe Canada a affiché un avantage de 17-3 au chapitre des buts, mais la victoire la plus incisive a peut-être été celle de 1-0 face aux États-Unis lors des demi-finales.

«Je ne pense pas que les pointages des matchs représentent l'allure des rencontres, a noté le directeur général de l'équipe Steve Yzerman. Je pense que notre équipe a mieux joué que les pointages ne l'indiquent. Défensivement, ils étaient très, très bons. Offensivement, ils ont généré des tonnes de chances, ils ont simplement été incapables de marquer plus de buts.»

Ce groupe a été particulièrement efficace dans son contrôle de la rondelle, un aspect intimement lié à la philosophie de Babcock selon laquelle l'autre équipe ne peut pas marquer si elle n'a pas la rondelle.

Et quand les adversaires du Canada ont eu possession du disque, ils se sont butés à Carey Price. En cinq parties, Price a compilé une moyenne de buts alloués de 0,59 et un taux d'efficacité de ,972.

«Il nous a donné confiance à chaque fois qu'il était devant le filet, a mentionné Babcock. Il n'a jamais donné espoir à l'autre équipe en donnant un retour ou un mauvais but. Il a été constant et a vraiment semblé apprécier chaque moment. Je crois qu'il a été spectaculaire.»

À Vancouver, Équipe Canada avait dû surmonter un début de tournoi difficile et faire fi de la pression de jouer devant ses partisans. Crosby avait finalement marqué en prolongation en finale et ce but sera gravé à jamais dans la mémoire des Canadiens.

Crosby a inscrit un seul but lors des Jeux de Sotchi et a été critiqué par certains observateurs. Pendant que le capitaine faisait bien en défensive et occupait les meilleurs défenseurs adverses, d'autres comme Jeff Carter et Jamie Benn ont pris la relève pour remplir le filet.

«Ce n'est pas quelque chose qui le dérange, il veut simplement gagner, a expliqué Babcock. Je crois qu'avec Toews et lui, et quand on y pense, notre groupe au centre était tout simplement spectaculaire. Getzlaf, John Tavares avant sa blessure, puis (Matt) Duchene. C'était un groupe extraordinaire au centre et ils étaient déterminés à bien jouer défensivement.»

La meilleure défensive à Sotchi a été une offensive qui a contrôlé la rondelle en zone adverse et épuisé ses adversaires. Yzerman a rendu hommage à Babcock pour avoir créé un style qui correspondait au jeu international que le Canada se devait de pratiquer.

«Je crois que le mot "méthodique" est le bon, mais pas jusqu'à un point où ça empêche les joueurs de s'exprimer, a déclaré Yzerman. Nous affrontions les meilleurs joueurs au monde dans des matchs sans lendemain. Nous ne pouvions pas jouer à fond de train sans réfléchir. Nous voulions éliminer le facteur chance.»

Babcock s'est dit particulièrement fier de l'évolution de l'équipe au cours des deux semaines du tournoi. L'amélioration a été notable et le résultat a été la victoire d'une équipe canadienne de hockey masculin en Russie environ 42 ans après la Série du siècle de 1972.

«Je crois que l'expérience a été très agréable, nous avons apprécié la compétition, nous savions que ce ne serait pas facile et nous connaissions les attentes puisque nous sommes aussi des Canadiens, a raconté Babcock. Une très, très belle expérience de poursuivre ce que nous avions amorcé au Canada, de continuer l'aventure en Russie. Nous comprenons l'histoire avec la série de 1972 et toute l'histoire, c'est spécial.»

Et la manière dont l'équipe a joué a créé un modèle pour l'avenir. Ce n'est pas la vieille école ou le style robuste canadien, mais c'est une nouvelle version de ce style.

«Le talent et la vitesse sont tellement importants, des atouts majeurs, et de pouvoir demander aux joueurs de jouer d'une manière particulière, nous ne pouvons pas aller sur la glace et tenter d'avoir le dessus grâce à l'aspect physique, a expliqué Yzerman. Je crois que nous sommes forts, mais nous n'avions pas mis l'accent sur le jeu physique. Il fallait mettre l'accent sur la vitesse, le talent et un style de jeu discipliné.»

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