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Crimes sexuels en Indonésie: début du procès du Canadien Neil Bantleman

23/12/2014 04:54 EST | Actualisé 21/02/2015 05:12 EST
Free Neil Bantleman & Ferdi Tjiong/Facebook

DJAKARTA, Indonésie - Le procès de l'enseignant canadien accusé d'avoir agressé sexuellement au moins un enfant d'âge préscolaire dans une école internationale de Djakarta, en Indonésie, a commencé mardi avec le témoignage d'une présumée victime.

La famille de Neil Bantleman a raconté que celui-ci avait ressenti diverses émotions à sa première journée de procès, qui s'est étirée pendant 11 heures, en raison de son manque de confiance envers le système judiciaire de l'Indonésie.

Son frère, Guy Bantleman, a expliqué à La Presse Canadienne qu'il voyait le procès comme quelque chose de positif, puisqu'il lui permettra de se défendre. Il souligne cependant le peu de verdicts de non-culpabilité enregistrés dans le système indonésien et le fait que son frère doive faire face à la justice malgré une absence de preuve.

Neil Bantleman, de Burlington, en Ontario, a été arrêté en juillet en compagnie d'un enseignant adjoint indonésien. Leur arrestation est survenue quelques mois après celle de concierges sous contrat avec l'École internationale de Djakarta, après qu'un garçon de six ans eut affirmé avoir été sodomisé. Bantleman et son adjoint ont aussi été accusés d'avoir agressé sexuellement deux autres élèves.

Les deux hommes se disent innocents. Le directeur de l'école et plusieurs collègues enseignants croient aussi en leur innocence.

Selon le frère de l'accusé, la présumée victime a témoigné le visage caché par un masque. Neil Bantleman et son coaccusé, l'enseignant adjoint Ferdinant Tjiong, ont été emmenés dans une cellule pendant que l'enfant témoignait à huis clos, mais se sont fait poser des questions sur le témoignage de l'enfant à leur retour devant le juge.

«Le juge devait évidemment savoir que Neil n'était pas là. Pourquoi a-t-il posé cette question, cela défie toute logique, s'est inquiété Guy Bantleman. À mon avis, cela ne fait que mettre l'accent sur la corruption dans le processus et un manque de confiance envers ce qu'ils font.»

Selon son frère, Neil Bantleman aurait dit au juge qu'il ne pouvait commenter la preuve présentée par l'enfant puisqu'il n'était pas présent pour l'entendre.

Les avocats de Bantleman ont dit à la famille que la présumée victime a souvent répondu aux questions du procureur par «Je ne sais pas», «Je ne me souviens pas» ou «J'ai oublié».

La mère de l'enfant a aussi témoigné plus tard dans la journée, selon Guy Bantleman, et la cour a entendu qu'elle était souvent présente à l'école et qu'elle faisait du bénévolat dans la classe de son fils. Le juge a aussi entendu que l'enfant était souvent amené à l'école — puis ramené à la maison — par sa mère, son père ou sa nounou.

«C'est impossible que ces parents ne sachent pas ce qui est arrivé à leur enfant, surtout si c'était de la sodomie, puisque la mère passait beaucoup de temps avec l'enfant, elle faisait du bénévolat presque tous les jours à l'école», a déclaré son avocat Patra M. Zen, par communiqué.

«Il y a deux choses qui peuvent expliquer cela: un, il n'y a pas eu de sodomie, et deux, cette histoire est inventée.»

La famille de Neil Bantleman a noté que celui-ci et Ferdinant Tjiong n'ont été arrêtés qu'après que les parents de l'une des présumées victimes eurent échoué dans leur tentative de s'entendre financièrement avec l'école après une histoire de présumée agression par des concierges de l'établissement.

Les concierges ont été condamnés à une peine allant jusqu'à huit ans de prison. Leurs avocats ont qualifié le jugement d'injuste et ont promis d'aller en appel.

Neil Bantleman et Ferdinant Tjiong risquent jusqu'à 15 ans de prison s'ils sont reconnus coupables. Leur procès pourrait durer trois mois, et la famille Bantleman demande à Ottawa de déclarer publiquement son soutien envers l'accusé canadien.