NOUVELLES
22/12/2014 07:43 EST | Actualisé 22/12/2014 07:44 EST

C'est la fin pour la taverne Magnan

Radio-Canada

Après 82 ans d'existence, la taverne Magnan, véritable institution montréalaise, servait dimanche ses derniers repas. Les habitués n'allaient pas rater ça. « C'est comme les funérailles de Magnan », déclarait un client.

Un texte de Michel Marsolais

L'établissement, fondé par Armand et Marie-Ange Magnan, avait ouvert ses portes en 1932. Trois générations de Magnan se sont succédé à la tête de l'entreprise qui a été longtemps un lieu de rencontre incontournable des politiciens et des sportifs professionnels.

Établie dans un parc industriel de Pointe-Saint-Charles, la taverne est d'abord fréquentée par les ouvriers d'usine. Il faudra attendre 1988 pour que les femmes y soient admises. Dernièrement, la taverne Magnan, spécialisée dans le rôti de bœuf, avait aussi obtenu aussi le permis permettant l'accès aux enfants.

La famille Magnan perdait toutefois de l'argent depuis trois ans avec son établissement. Les locaux étaient devenus trop grands, la compétition trop féroce dans le quartier et les clients moins nombreux.

Le nombre de repas servi était passé de plus de 1000 par jour à moins de 350. Pas moyen de renverser la vapeur. Une décision difficile s'imposait.

« Ce qu'on espérait qui était pour arriver avec la gentrification et l'augmentation du résidentiel malheureusement ne se produisait pas », explique Alain Gauthier, président-directeur général de Magnan.

« C'est une grosse perte pour le quartier », notait un autre client.

Dans les années 90, Magnan était devenu un lieu de débat et un arrêt obligatoire pour les campagnes électorales.

« Tous les politiciens sont passés là », rappelle Gilles Proulx, qui a animé son émission de radio de chez Magnan.

« C'était devenu énorme. Mais ça correspondait à ce qu'on avait comme quartier, dans les années 60, 70 jusqu'aux années 2000. Magnan était le Facebook de l'époque. Tout le monde se donnait rendez-vous chez Magnan », ajoute Alain Gauthier

Le choc de la fermeture est difficile pour les 65 employés de l'établissement. La dernière journée était remplie d'émotions pour la plupart.

« Moi, ça ne fait pas longtemps que je suis ici, mais y a des gens, ça fait 30 ans qu'ils travaillent ensemble. C'est comme une famille. C'est tous des frères et soeurs. Je faisais partie de ça. C'est dur », dit la gérante Cassandra Vivier, un sanglot dans la voix.

Ironiquement, en annonçant sa fermeture, Magnan avait retrouvé temporairement son achalandage d'antan.

Mais impossible de revenir en arrière. Le bâtiment et le terrain sont déjà vendus.

La famille continuera toutefois d'exploiter son commerce de boucherie au Quartier Dix-30 et ouvrira un commerce semblable à Boucherville au printemps.

LIRE AUSSI:

» Crise de la restauration à Montréal

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Les meilleurs restos pour se gâter durant les Fêtes