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22/12/2014 09:18 EST | Actualisé 21/02/2015 05:12 EST

Policiers tués à New York: le maire lance un appel au calme et à la retenue

NEW YORK, États-Unis - Le maire de New York a appelé lundi à la suspension des manifestations et des débats politiques jusqu'aux funérailles des deux policiers tués dans leur véhicule de patrouille, le week-end dernier, par un homme ayant juré de se venger pour la mort d'hommes noirs aux mains de policiers blancs.

Le meurtre des deux policiers est survenu durant une période de grandes tensions aux États-Unis, alors que les policiers de tout le pays sont critiqués après la mort très médiatisée de deux Noirs, Eric Garner à New York et Michael Brown à Ferguson, au Missouri.

Les manifestations se sont multipliées après la décision de deux grands jurys de ne pas porter d'accusations contre les policiers impliqués. Lundi, un procureur a annoncé qu'un policier blanc de Milwaukee, congédié après avoir tué un Noir souffrant de troubles mentaux, ne ferait face à aucune accusation criminelle.

Lors d'un discours prononcé lundi devant la Ligue athlétique de la police de New York, le maire Bill de Blasio a affirmé que peu importe les points de vue, tout le monde devrait prendre un peu de recul en ce moment. Il a estimé que les débats politiques et les manifestations devraient être suspendus jusqu'à un moment plus propice.

Les agents Wenjian Liu et Rafael Ramos ont été attaqués samedi par un homme de 28 ans qui avait proféré des menaces contre les policiers sur le réseau Instagram. Le suspect, Ishmaaiyl Brinsley, était Noir, tandis que les policiers étaient hispanique et asiatique.

Selon M. De Blasio, il est temps de s'attarder à la douleur vécue par les proches des policiers, auxquels il a rendu visite lundi en compagnie du commissaire de police William Bratton.

«Il y a beaucoup de douleur. Il est difficile de trouver un sens à cela. Comment un individu profondément troublé et violent peut-il faire cela à de bonnes familles?», a lancé le maire.

«Je pense qu'il est temps que tout le monde réalise qu'il y a des choses qui nous unissent, des choses qui nous sont chères en tant que New-Yorkais, en tant qu'Américains.»

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, a lui aussi appelé les partisans des deux camps à modérer le ton du débat, appelant à une «conversation rationnelle et sobre» au moment opportun pour discuter de réformes.

Pendant ce temps, les plus gros départements de police du pays et les syndicats de policiers ont conseillé aux agents de porter un gilet pare-balles en tout temps et d'éviter d'exprimer leur colère sur les réseaux sociaux.

Un message transmis aux 35 000 policiers de New York prévient les agents qu'ils devraient répondre à tout appel d'urgence avec au moins deux véhicules, «peu importe ce qu'en pense le superviseur de patrouille», et qu'ils ne devraient pas procéder à des arrestations «sauf si c'est absolument nécessaire».

Le président du syndicat des détectives new-yorkais a conseillé à ses membres de se déplacer par groupes de trois dans les rues, de porter un gilet pare-balles et de rester attentifs à l'environnement qui les entoure.

Les policiers de Newark, au New Jersey, ont été prévenus de ne jamais patrouiller seuls et d'éviter les individus qui semblent rechercher une confrontation. Le commissaire de la police de Boston a demandé à ses agents de faire preuve de prudence.

Ishmaaiyl Brinsley était connu des autorités et avait de sérieux antécédents de violence. Il s'est suicidé dans une station de métro immédiatement après avoir abattu les deux policiers.

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