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21/12/2014 12:50 EST | Actualisé 20/02/2015 05:12 EST

La marijuana serait la drogue la plus répandue dans l'armée canadienne

HALIFAX - La marijuana est la drogue la plus répandue chez les militaires canadiens, bien que la cocaïne devienne de plus en plus populaire, selon un rapport faisant état des tests de dépistage dans l'Armée canadienne.

Selon les données, comptabilisées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2013, 6,6 pour cent des 279 tests d'urine se sont avérés positifs pour au moins une drogue—mais dans 5,3 pour cent de ces cas, il s'agissait de marijuana. En 2012, on avait décelé la présence de cette drogue dans seulement 4,2 pour cent des échantillons.

Parmi ces 19 tests positifs pour la marijuana, trois provenaient du Régiment royal canadien et deux du Service de bataillon, à Petawawa, en Ontario.

Le rapport de 42 pages a été obtenu par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Près de 4200 participants de 26 bataillons au pays, d'âges et de grades variés, se sont pliés aux examens où l'on évaluait la présence de 11 substances contrôlées.

Par ailleurs, neuf échantillons ont révélé la présence de cocaïne. Cependant, on a trouvé des traces de cette drogue dans 44 échantillons, alors que ce n'était que 29 en 2012. Il s'agit d'un des taux les plus élevés depuis le début des examens, en 2007.

Les chiffres sur la consommation de cocaïne demeurent bas, selon l'équipe psychosociale qui a rédigé le document, mais il reste que les militaires étaient plus enclins à être déclarés positifs en 2013 qu'en 2009.

Les experts n'ont pas avancé d'explications à cette augmentation, mais ils ont signalé que les résultats de 2013 étaient moins fiables que ceux de 2009, 2011 et 2012 en raison de failles apparentes. Par exemple, huit échantillons qui avaient été déclarés négatifs était erronés parce qu'ils avaient été dilués.

Selon le rapport, la consommation de drogue dans l'armée est assez stable depuis 2010, mais les moins de 27 ans et les sous-officiers sont surreprésentés dans l'ensemble des cas.

Des traces de morphine, de méthamphétamine et d'amphétamines ont aussi été retrouvées dans certains échantillons.

L'armée a une politique de tolérance zéro pour la consommation de drogue illicite en ses rangs. Elle mène des tests qu'elle compile pour son Programme des Forces canadiennes sur le contrôle des drogues.

«Les résultats ne sont pas utilisés pour imposer des mesures disciplinaires, puisque les échantillons ne sont pas identifiés à un membre en particulier», a expliqué une porte-parole de l'armée, dans un courriel. L'armée n'a pas pu accorder d'entrevue à La Presse Canadienne.

De tels résultats permettent donc de découvrir quelle population consomme le plus et, surtout, les types de drogues utilisées.

«Cette analyse aide l'armée à mieux cibler ses interventions (....) On a enregistré les taux de consommation les plus élevés chez les jeunes et les sous-officiers, ce qui nous permettra de nous concentrer sur ces populations», est-il écrit dans le rapport.

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