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Piratage de Sony: l'annulation du film «The Interview» est une erreur, dit Obama

19/12/2014 02:47 EST | Actualisé 19/12/2014 05:08 EST
Chip Somodevilla via Getty Images
WASHINGTON, DC - DECEMBER 19: U.S. President Barack Obama speaks to members of the media during his last news conference of the year in the James Brady Press Briefing Room of the White House December 19, 2014 in Washington, DC. President Obama faced questions on various topics including the changing of Cuba policy, the Sony hack, and his plan on working with a Republican majority Congress. (Photo by Chip Somodevilla/Getty Images)

Le président Barack Obama a promis vendredi que les Etats-Unis "répondront" à la Corée du Nord à l'origine de la plus grave cyber-attaque jamais menée sur le territoire américain, ce que Pyongyang a aussitôt nié.

Le FBI a annoncé vendredi que la Corée du Nord avait mené le piratage informatique majeur contre le studio de cinéma Sony, révélé fin novembre.

"Ils ont provoqué beaucoup de dégâts et nous répondrons. Nous répondrons de manière proportionnée et nous répondrons à un moment, à un endroit et d'une manière que nous choisirons", a prévenu le président américain lors d'une conférence de presse, excluant qu'un autre pays ait agi avec Pyongyang.

Il a par ailleurs estimé que Sony Pictures Entertainment (SPE) avait commis "une erreur" en annulant la sortie en salles de "L'interview qui tue", comédie satirique sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-Un.

Sony "n'a pas capitulé" face aux pirates informatiques, s'est défendu son directeur général Michael Lynton. "Le président, la presse et l'opinion se trompent sur ce qu'il s'est réellement passé", a-t-il ajouté précisant avoir emboîté le pas aux principales chaînes de cinéma qui ont renoncé à le projeter.

Le FBI a affirmé avoir "suffisamment de preuves pour conclure que le gouvernement nord-coréen est responsable de ces actions", considérant qu'il s'agissait d'un "comportement inacceptable pour un Etat".

Le conseiller politique de la Corée du Nord à l'ONU à New York, Kim Song, a rapidement réagi pour nier toute implication de Pyongyang. "Notre pays n'a aucun lien avec ce hacker", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le sénateur démocrate Robert Menendez, président de la Commission des Affaires étrangères, a immédiatement écrit au secrétaire d'Etat John Kerry pour réclamer l'inscription de la Corée du Nord sur la liste des pays soutenant le terrorisme après ce "dangereux précédent".

La porte-parole de la diplomatie américaine, Jennifer Psaki, a affirmé que l'administration se "réservait le droit d'utiliser tous les moyens nécessaires (...) pour protéger et défendre (la) nation".

La police fédérale américaine a souligné avoir "déjà vu une grande variété et un nombre croissant d'intrusions informatiques, (mais) la nature destructrice de cette attaque, associée à sa nature coercitive, la classe dans une catégorie à part".

Sony a été victime d'une attaque informatique d'envergure, revendiquée par le groupe de pirates informatiques GOP ("Guardians of Peace"), au cours de laquelle de grandes quantités de données ont été dérobées et certaines mises en ligne. Le studio avait reçu ensuite des menaces évoquant les attentats du 11-Septembre, qui l'ont poussé à annuler la sortie du film prévue le 25 décembre.

La Corée du Nord, rapidement pointée du doigt, avait alors démenti toute implication dans ce piratage, tout en le qualifiant d'"acte légitime".

Une ardoise d'un demi-milliard pour Sony

"L'attaque de la Corée du Nord contre SPE confirme une nouvelle fois le fait que les cyber-menaces représentent l'un des plus graves dangers pour la sécurité nationale des Etats-Unis", a relevé le FBI, se disant "extrêmement inquiet de la nature destructrice de cette attaque contre une entreprise privée et les citoyens qui y travaillent".

Ce n'est "pas seulement une attaque contre une entreprise et ses employés. C'est aussi une attaque contre notre liberté d'expression et notre mode de vie", a estimé le secrétaire à la Sécurité intérieure Jeh Johnson, après cette annonce.

De son côté, Chris Dodd, président du lobby de l'industrie du cinéma américain, la Motion Picture Association of America, a estimé que ce piratage constituait "un acte méprisable et criminel".

Cet acte "menace les emplois de milliers d'Américains qui travaillent pour l'industrie du cinéma et de la télévision, de même qu'il menace des millions d'autres qui veulent tout simplement aller au cinéma", a-t-il poursuivi. "L'internet est une force puissante du bien et il est regrettable qu'elle soit utilisée comme une arme".

Le sénateur républicain John McCain, qui va présider en janvier la très puissante Commission des forces armées du Sénat, avait qualifié vendredi matin cette attaque informatique "d'acte de guerre".

Le président du syndicat des réalisateurs américains (DGA), Paris Barclay, a regretté qu'internet permettait aujourd'hui "à quelques cybercriminels de prendre, à distance, tout une industrie en otage".

Outre le vol de données sensibles concernant SPE et la vie privée de ses employés, le piratage a "détruit" le système informatique du groupe en "rendant inopérables plusieurs milliers d'ordinateurs", a fait savoir la police fédérale. Il pourrait en coûter un demi-milliard de dollars au studio, selon des experts.

Le FBI a conclu à la responsabilité de la Corée du Nord après avoir notamment constaté des correspondances "importantes" entre les infrastructures de ce piratage et celles utilisées dans d'autres attaques directement attribuées à Pyongyang, ainsi que des "similarités" dans les outils employés contre SPE et une attaque des Nord-Coréens en mars 2013 contre des banques et des médias de Corée du Sud.

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